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Le courant passe mal entre employés japonais et patrons suisses

Pas facile de se comprendre entre Japonais et étrangers... Keystone Archive

Travailler avec un patron suisse ou d'une autre nationalité étrangère n'est pas du goût des travailleurs japonais. C'est ce qui ressort d'un sondage, publié mercredi. 526 jeunes universitaires, employés par des entreprises étrangères à Tokyo, le disent dans un rare accès de franchise.

Respecter la culture de l’autre, mieux encore l’accepter, est au-dessus des forces des cadres suisses moyens au Japon. Même ceux dépêchés par des grandes banques ou des sociétés pharmaceutiques.

Selon le sondage de l’Institut de Management Sanno, 51,1% des jeunes employés japonais de multinationales européennes ou américaines se plaignent d’un «malentendu fondamental» dans les rapports avec leurs responsables étrangers.

Même si certains parlent le japonais, ils ne comprennent pas pour autant leurs employés. Une majorité de jeunes salariés préfèrent être dirigés par des cadres japonais.

Ils seraient plus consensuels que des directeurs suisses. Ceux-ci seraient plus habitués à imposer des décisions sans prendre le temps de les expliquer. Obtenir le «consentement» de ses employés par des réunions à répétition ou des soirées dans des bars non moins nombreuses est une tradition locale que les managers étrangers auraient du mal à respecter.

Ce sondage indique clairement que les cadres étrangers doivent se soumettre à la culture de management japonais. «Le respect de la culture de l’autre ne doit pas être à sens unique», note le patron d’une maison de commerce suisse à Tokyo.

L’Institut Sanno admet qu’un réflexe insulaire continue de compliquer les relations entre employés japonais et managers étrangers. 63% des jeunes salariés japonais qui ne sont jamais allés à l’étranger affirment qu’il sera, toujours, «très difficile, sinon impossible» d’entretenir de bonnes relations avec des collègues non japonais.

«Créer une entreprise biculturelle où les différences sont reconnues et acceptées d’emblée doit être possible. Mais trop souvent les employés japonais pensent que leur modèle est supérieur. Ou que celui venu de l’étranger est inadapté à leur environnement», ajoute le même patron suisse qui ne veut pas être identifié

«Ce n’est pas toujours vrai, dit-il. Il y a de bons et de mauvais cadres japonais. Comme il y a de bons et de mauvais managers étrangers.»

Georges Baumgartner, Tokyo

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