Moritz Leuenberger ne veut pas de licenciements chez Swisscom
Le ministre de la communication, Moritz Leuenberger (photo), demande que la suppression de 3000 emplois chez Swisscom se déroule dans des conditions socialement acceptables. Il réclame des mesures en faveur des régions périphériques.
Le ministre de la communication, Moritz Leuenberger (photo), demande que la suppression de 3000 emplois chez Swisscom se déroule dans des conditions socialement acceptables. Il réclame des mesures en faveur des régions périphériques.
Moritz Leuenberger est donc sorti de son silence. On disait le conseiller fédéral en situation délicate, suite aux suppressions d’emplois annoncées par Swisscom. Et ceci en raison de sa double casquette de socialiste et de ministre de tutelle d’une entreprise dont la Confédération reste l’actionnaire majoritaire.
Mardi, c’est en tant que chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) que Moritz Leuenberger a pris la parole à Berne. Il a balayé d’un revers de la main les critiques venant de son propre parti. Il a pris acte. Mais il se refuse à réagir systématiquement aux mouvements d’humeur. L’essentiel est, dit-il, qu’il soit arrivé avec un paquet de propositions au Conseil fédéral.
Justement, Moritz Leuenberger a donné la position du gouvernement. Les suppressions d’emplois prévues chez Swisscom (3000 d’ici 2003 et 3000 externalisés) doivent se faire dans des conditions socialement acceptables. Il s’agit au minimum de garantir un emploi aux personnes touchées, grâce à la formation continue et la reconversion professionnelle.
Moritz Leuenberger a cité en exemple le modèle appliqué par les CFF ainsi que chez Swisscom. Et comme pour signifier que les jeux ne sont pas faits sur les modalités du plan social, il a rappelé que formellement «la suppression des 3000 postes n’a pas encore été décidée par le conseil d’administration». Ce dernier est l’unique partenaire du gouvernement et non pas Jens Alder, le directeur de Swisscom. Et c’est accompagné du conseiller fédéral Kaspar Villiger que Moritz Leuenberger entend rencontrer prochainement des représentants du conseil d’administration pour les informer de leurs attentes.
Autre préoccupation de Moritz Leuneberger: les régions périphériques. Son département, le DETEC, planche actuellement sur des mesures d’accompagnement pour les régions les plus touchées par les restructurations. Elles seraient financées avec les gains réalisés par la Confédération en tant qu’actionnaire de Swisscom et les recettes provenant de la vente des concessions de boucles locales sans fils (WLL).
Reste à savoir si les suppressions de postes annoncées par Swisscom seront utiles pour améliorer sa compétitivité face à la concurrence. Moritz Leuenberger ne s’est pas prononcé sur cette question. Il a, en revanche, annoncé des lendemains difficiles pour un autre secteur. Selon le ministre, l’ouverture du marché de l’électricité, actuellement en discussion au Parlement, risque d’avoir des effets encore plus violents que la libéralisation des télécoms.
Jugurtha Aït-Ahmed
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.