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Quand la chimie révèle les secrets de la Terre

Les origines du système solaire font partie des préoccupations des géochimistes. Keystone

Le voile devrait être levé cette semaine à Davos sur quelque-uns des secrets de la Terre, voire de l'Univers.

La station grisonne accueille en effet 1800 spécialistes en géochimie, à l’enseigne de la douzième Conférence internationale Goldschmidt.

Des centaines de nouvelles communications scientifiques doivent être faites à Davos.

Elles concernent des sujets aussi divers que la formation des planètes, les changements climatiques ou même le fonctionnement du corps humain.

«De nombreuses découvertes très excitantes ont été faites récemment dans les domaines dont s’occupe la géochimie», confirme Alex Halliday, professeur à l’Institut pour la géologie isotopique et les ressources minérales de l’EPFZ.

L’âge de la Lune

Ainsi, la géochimie des isotopes est très utile aux scientifiques. Elle leur permet de mieux comprendre l’origine et l’évolution des formations géologiques.

On nomme isotopes les différentes formes de l’atome d’un même élément chimique en fonction du nombre de neutrons contenus dans leur noyau.

Les proportions des différents isotopes dans une quantité de matière donnée fournissent de précieux renseignements.

«Grâce à elles, explique Alex Halliday, nous pouvons savoir quand un objet s’est formé, d’où venaient ses composantes et aussi quelles étaient les températures au moment de sa formation.»

Exemple. C’est grâce à ces techniques – en mesurant les variations des isotopes du tungstène – que l’on a pu déterminer l’âge de la Lune.

Une météo préhistorique

Dans un autre domaine, le Département des sciences de la terre de l’EPFZ fait figure de pionnier dans la recherche sur le climat des âges anciens de la Terre.

Ce travail est basé sur la traque des isotopes de l’oxygène, qui s’évapore ou se lie à d’autres éléments en fonction de la température.

Et les variations isotopiques peuvent également être utilisées comme une sorte d’empreinte digitale.

Ainsi, les scientifiques ont pu retracer le chemin des migrations de certains hommes préhistoriques en étudiant leurs dents et leurs os.

Des pionniers suisses

Autant de domaines qui seront abordés à la Conférence Goldschmidt de Davos.

Organisée conjointement par l’Association européenne de géochimie et la Société géochimique (basée aux Etats-Unis), cette réunion se tient en alternance des deux côtés de l’Atlantique.

Son nom a été choisi en hommage à Victor Moritz Goldschmidt, né à Zurich en 1888 et considéré comme le père de la géochimie moderne.

Et, aujourd’hui encore, certains des ténors de cette science travaillent en Suisse.

Ainsi, Judith Mc Kenzie (présidente de la Société géochimique) et Terry Seward (vice-président de l’Association européenne) sont tous les deux professeurs à l’EPFZ.

Avec 1800 participants, cette année, la Conférence bat tous ses records de fréquentation.

«Nos disciplines sont en pleine effervescence, constate Alex Halliday. Et la Suisse est totalement dans le coup.»

Et de conclure: «Je pense que notre position, au centre de l’Europe, et les attraits du site de Davos ne sont pas étrangers au succès enregistré par la Conférence cette année.»

swissinfo/Vincent Landon

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