Quand le virtuel fait avancer le réel
Grâce à une simulation informatique, un chimiste de l'EPFL signe une avancée décisive dans la compréhension du fonctionnement des molécules.
L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) n’hésite pas à parler de première mondiale. La célèbre revue Chemistry-A European Journal en fait d’ailleurs sa une.
Grâce aux travaux de Fabrice Yerly, c’est, peut-être, une nouvelle ère qui s’ouvre pour l’imagerie par résonance magnétique (IRM), une technique de diagnostic médical qui permet de voir l’intérieur d’un organisme sans avoir recours au bistouri.
Très schématiquement, il s’agit en l’occurrence d’exciter les atomes et les molécules qui composent les cellules au moyen d’un aimant pour ensuite récolter l’image de leurs mouvements.
Mais certaines parties du corps sont moins visibles que d’autres. Notamment le cerveau, l’un des organes qui contient le plus d’eau. Dans ce cas-là, on a recours à des produits de contraste qui augmentent la visibilité.
Très efficace, mais très toxique
Parmi ces produits, le gadolinium serait certainement l’un des plus efficaces à cause de ses qualités magnétiques. Mais le conditionnel est de rigueur. Car la toxicité de ce métal pour l’organisme en interdit l’usage médical.
La solution consisterait à l’emballer dans d’autres produits. Mais le risque de voir un seul atome de gadolinium se libérer dans l’organisme est beaucoup trop grand.
Et c’est là qu’intervient Fabrice Yerly. Le jeune chimiste de l’EPFL est parti de ce casse-tête pour étudier le comportement d’une molécule contenant le dangereux métal. Mais il l’a fait virtuellement, par simulation informatique.
En soi, la méthode n’a rien de nouveau. Mais la complexité de l’objet a obligé Fabrice Yerly à inventer des méthodes de calcul et d’interprétation des résultats qui n’existaient pas.
«La description de ce qui se passe lorsque notre molécule est plongée dans l’eau pendant un milliardième de seconde occupe à elle seule le volume de deux CD-ROM», explique le chimiste.
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