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Risques biotechnologiques: la Suisse signera à Nairobi un nouveau protocole de prévention

Depuis lundi, Nairobi abrite la 5e Conférence sur la biodiversité. Entre autres, à l’ordre du jour, les ressources génétiques: ce sera l’occasion pour plusieurs pays, dont la Suisse, d’apposer leur signature au bas d’un protocole sur la biosécurité.

La Convention sur la biodiversité est l’un des résultats concrets du Sommet de la Terre en 1992 à Rio. Elle a pour ambition d’enrayer la disparition des espèces animales et végétales ainsi que la perte de variété génétique qu’elle entraîne. Mais aussi de s’assurer que ceux qui utilisent et ceux qui préservent ces ressources biologiques en bénéficient de manière juste et équitable.

Tous les deux ans, les pays qui ont signé ou ratifié cette convention, c’est-à-dire la toute grande majorité des Etats, se réunissent pour faire le point sur leurs engagements. A Nairobi, il est question notamment de la biodiversité des forêts. Sujet d’importance, s’il en est, quand on sait que plus de la moitié des espèces animales et végétales de la planète se trouvent précisément dans les forêts.

Un récent rapport de l’Union mondiale pour la nature (UICN) démontrait à ce propos que le quart de toutes les espèces de mammifères sont aujourd’hui en danger. Mais il ne suffit pas de dénoncer. Une autre organisation écologiste, le Fonds mondial pour la nature (WWF) note ainsi que la Convention sur la biodiversité a certes produit de bonnes évaluations et des plans intéressants sur le papier, mais que leur réalisation fait défaut.

La forêt subit de nombreuses menaces, y compris celle des arbres génétiquement modifiés qui pourraient peu à peu remplacer les essences naturelles. C’est un exemple, parmi d’autres, des problèmes que pose aujourd’hui le développement des biotechnologies et la production d’organismes génétiquement modifiés. Après cinq ans de laborieuses négociations, un protocole est désormais annexé à la Convention sur la biodiversité. Il a pour but de régler les problèmes et surtout les risques liés à l’exportation de ces organismes.

Mercredi prochain, à Nairobi, la Suisse signera ce protocole. Dans ce domaine, elle dispose certes déjà d’une législation avancée, mais elle se dit en faveur d’un cadre global de réglementation et elle affiche clairement son soutien aux pays en développement. Ces derniers sont loin de tous bénéficier d’un tel dispositif juridique national de protection.

Ce qui revient à dire, explique l’ambassadeur Beat Nobs, chef de la délégation suisse à la Conférence de Nairobi, «que des exportateurs peuvent leur vendre n’importe quelle sorte de semences, et que ceux qui les importent ne sauront jamais ce qu’ils vont vraiment semer dans leurs champs». Avec ce protocole, les pays en développement pourront désormais exiger toutes les informations nécessaires sur les qualités des produits qu’on leur propose.

Sur ce terrain de l’utilisation des ressources génétiques, la Suisse entend également défendre le principe de responsabilité civile qu’elle essaie de faire appliquer de manière générale en matière de protection de l’environnement. Autrement dit: qui casse les verres les paie! Cela vaut pour ceux qui polluent la nature, les terres et les cours d’eau, en y déversant toutes sortes de déchets. Il n’y a pas de raison que ce principe ne s’applique pas à ceux qui, par des technologies mal maîtrisées, font courir des risques à la santé et à la diversité biologique.

Bernard Weissbrodt

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