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Stress au travail: la facture dépasse les 4 milliards

Les Suisse sont plus de quatre sur cinq à souffrir de symptômes liés au stress. Keystone

Absences, pertes de productivité, frais médicaux: globalement, le stress au travail coûte chaque année 4,2 milliards de francs à l'économie suisse. C'est la conclusion d'une étude menée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

Paradoxe: les Suisses, qui dans leur immense majorité (92,5 pour cent) se disent assez ou totalement satisfaits de leur travail, sont dans le même temps plus de quatre sur cinq à souffrir de symptômes liés au stress. Et ce stress, selon eux, naît bien plus souvent au bureau ou à l’usine qu’à la maison.

Mais que faut-il exactement entendre par stress? En réalisant cette enquête, sur un échantillon représentatif de 900 personnes, les chercheurs mandatés par le Seco ont choisi de s’intéresser au stress ressenti, soit à la perception qu’ont les gens eux-mêmes de leur propre état de tension nerveuse et de surmenage.

Les résultats démontrent que la méthode est fiable. Les sondés qui se disent stressés «souvent ou très souvent» (26,6 pour cent) sont effectivement ceux qui consultent le plus leur médecin, prennent le plus de médicaments et sont le plus souvent incapables de se rendre à leur travail ou d’y fonctionner normalement.

Et lorsqu’on leur demande comment elles gèrent ce stress, les personnes interrogées sont 12 pour cent à dire ne pas y arriver du tout et 70 pour cent à estimer s’en sortir plutôt bien. Quant aux 18 pour cent restantes, elles ne se sentent pas concernées, parce qu’elles ne connaissent simplement pas le stress.

En Suisse, le stressé-type est une stressée, vivant en Suisse romande, jeune et sans formation. Un profil qui ne surprend pas le docteur Alain Kiener, chef du secteur «travail et santé» au Seco. Selon lui, ces femmes sont celles qui cumulent les tensions d’un travail pénible et répétitif avec l’éducation des enfants, qu’elles assument souvent seules.

En d’autres termes, la jeune mère célibataire, serveuse de bar ou caissière de grand magasin est nettement plus exposée aux méfaits du stress que le grand capitaine d’industrie, toujours entre deux avions, trois séances de travail et un dîner d’affaires.

Le docteur Kiener, en revanche, n’a pas d’explication sur le clivage qui voit les Alémaniques généralement moins stressés que les Romands. Ainsi, l’Helvète «zen» par excellence a plus de 45 ans, habite dans un canton de Suisse centrale et bénéficie au moins d’un certificat de fin d’apprentissage.

Cela dit, le stress n’est pas à proprement parler une maladie, même s’il est aujourd’hui pris tout à fait au sérieux par le corps médical. Il est évident en revanche qu’il est à l’origine de toutes sortes de symptômes, dont les plus fréquemment constatés sont le mal de dos, l’irritabilité, les douleurs dans la nuque et les épaules et les pieds et les mains froids, signe évident d’une mauvaise circulation sanguine.

Le stress est en outre souvent responsable de comportements nuisibles à la santé, comme l’abus d’alcool, de tabac ou de médicaments et il semble établi qu’à hautes doses, il affaiblit le système immunitaire. Dans les cas extrêmes, le stress peut même conduire à la dépression, à des troubles cardiaques ou au «burn out» (épuisement professionnel).

En évaluant la facture sociale du stress en Suisse à 4,2 milliards de francs par année, le Seco n’a volontairement tenu compte que des facteurs chiffrables, soit les salaires versés aux absents, les pertes de productivité des entreprises et les frais médico-pharmaceutiques.

Il semble toutefois que la Suisse soit parfaitement dans la moyenne de ses voisins, puisque si l’on exprime cette facture en pour cent du produit intérieur brut, on arrive à des valeurs comparables à celle enregistrées dans les autres pays européens.

Marc-André Miserez

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