Un médicament de Novartis plagié en Russie
Nouveau scandale de la contrefaçon en Russie. Cette fois, la victime est Novartis. Le groupe suisse a révélé jeudi qu´un faux médicament, destiné aux personnes atteintes de cancer, était vendu sous son nom en Russie.
C’est à Saint-Pétersbourg que la supercherie a été découverte. Une victime du cancer du sein a froncé les sourcils à la lecture de la prescription, qui lui avait été rédigée dans une clinique de la ville. Y figurait en effet le faux médicament, le «Femara P». C’est la lettre «P» qui a intrigué la malade: celle-ci connaissait le produit original de la firme Novartis, s’appelant simplement «Femara». La malade s’est donc adressé à Novartis, qui a enquêté sur ce réseau de contrefaçon.
Le «Femara P» est commandé par téléphone puis livré à domicile, au prix exorbitant, pour la Russie, de 2000 roubles par boîte, soit 72 dollars. Selon les responsables de Novartis, un autre de leurs produits, le Palodel, utilisé dans le cadre de traitement hormonal, a également été plagié.
En Russie, près de 20 pour cent des médicaments vendus sont le résultat de contrefaçons. Les consommateurs sont victimes de deux sortes de ségrégation. La première est géographique. Si, dans les grandes villes, il est possible de trouver pratiquement tous les produits, en zone rurale en revanche, dans les régions les plus arriérées, on s’en remet plus volontiers aux herbes naturelles et aux remèdes de grand-mère.
La deuxième ségrégation est économique. Les médicaments efficaces, surtout lorsqu’ils sont importés, coûtent très chers. Bien que récemment augmentées, les retraites demeurent très faibles. Les personnes âgées, premiers consommateurs de médicaments, doivent donc se contenter de produits bon marché, à l’origine bien douteuse et souvent périmés.
La contrefaçon est un fléau dépassant le cadre pharmaceutique. En Russie, elle concerne également l’informatique, l’automobile, la production de CD, les cassettes vidéo, etc. Il existe des réseaux très puissants, enjambant les frontières et reliant la Russie à la Chine ou à la Bulgarie. Voilà pourquoi les pouvoirs publics ont bien du mal à lutter contre ce phénomène.
Piotr Smolar, Moscou
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