Un rapport met en lumière la pollution qui menace la région minière de Roumanie
Parrainée par le Programme des Nations unies pour l’environnement, une mission de 16 experts, dont trois Suisses, a publié mercredi une évaluation de la pollution causée par la rupture en janvier d’un bassin dans une mine d’or du nord de la Roumanie.
Parrainée par le Programme des Nations unies pour l’environnement, une mission de 16 experts, dont trois Suisses, a publié mercredi une évaluation de la pollution causée par la rupture en janvier d’un bassin dans une mine d’or du nord de la Roumanie.
La mission s’est rendue fin février en Roumanie, en Hongrie (photo) et en République fédérale de Yougoslavie. Durant deux semaines, les experts européens ont collecté des données et interrogé les responsables locaux, les populations affectées par la pollution, ainsi que les ONG locales.
La mine d’or de Baia Mare, détenue par une société australo-roumaine, a laissé s’échapper une nappe de 100 000 mètres cubes d’eau mélangée de cyanure et de métaux lourds, suite à la rupture d’un bassin le 30 janvier dernier. La mission d’experts est venue un mois plus tard analyser les causes de l’accident et tenter de mesurer l’impact de cette double pollution.
Mais la mission ne prétend pas mettre un point final à l’affaire. Ses constats et ses recommandations doivent servir de base à d’autres études et à de futurs projets de réhabilitation. La Suisse, à l’instar de l’ensemble des pays concernés, va donc étudier ce rapport pour décider si elle s’engage dans des projets futurs.
Les experts estiment que, dans l’immédiat, les menaces sur la santé des habitants de la région sont minimes. Mais l’hydrogéologue suisse Patrick Adatte et les autres membres de la mission n’excluent pas un impact néfaste sur le long terme, dû en particulier à la fuite de métaux lourds. En outre, l’accident de janvier dernier a permis de dévoiler une pollution chronique de la région minière au nord de la Roumanie.
Les experts prônent donc un plan transfrontalier de réhabilitation de l’industrie minière, ainsi qu’un programme de développement durable pour l’ensemble de la région. Une aide internationale sera nécessaire. Mais les gouvernements de la région devront également s’engager dans ce plan de réhabilitation qui nécessite des décisions politiques parfois difficiles.
Mais pour l’heure, c’est encore l’urgence qui commande. D’importantes inondations menacent la Hongrie. Le Corps d’aide suisse en cas de catastrophe va envoyer une équipe chargée d’évaluer les besoins. Une autre équipe, dont fait également partie Patrick Adatte, part ce lundi en République fédérale de Yougoslavie pour lancer un programme suisse de dépollution, suite aux bombardements de l’OTAN du printemps dernier.
Frédéric Burnand
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