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Une carte postale à 2 milliards et demi

Les vacanciers aiment la Suisse "carte postale" comme ici à la Jungfrau. picswiss.ch

Une étude évalue ce que les beautés naturelles rapportent au tourisme suisse. Une manne à préserver, en créant un label «parc paysage».

Deux milliards et demi de francs: c’est la somme que la Suisse tirerait chaque année de ses charmes naturels, selon une étude présentée mardi par le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco).

Lorsqu’on leur demande ce qui les motive à passer leurs vacances dans leur propre pays, 76% des Helvètes mentionnent la beauté du paysage. Et cette proportion grimpe même à 83% si l’on interroge les hôtes étrangers.

Autant dire que le paysage constitue un capital important. Suisse Tourisme l’a bien compris en adoptant son nouveau slogan: «Si les montagnes avaient une patrie, ce serait la Suisse».

Tourisme très nature…

C’est pour débattre de ces questions que les cadres du tourisme suisse se trouvent réunis deux jours durant avec ceux du seco et de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) à Wildhaus, dans le canton de Saint-Gall.

Sous le thème «Tourisme très nature», les autorités fédérales présentent leur nouveau concept de «parcs paysage». Il s’agira de créer dans tout le pays (et pas uniquement dans les Alpes) une quinzaine de zones bien préservées, ouvertes au tourisme «doux» et respectueux de l’environnement.

«Le tourisme doit trouver de nouveaux débouchés, explique Willy Geiger, vice-directeur de l’OFEFP. Et le paysage en est un. Si l’on compare la Suisse à la France ou à l’Italie en matière de tourisme rural ou de visites de sites naturels, nous n’en sommes encore qu’aux premiers balbutiements».

…pour une clientèle nouvelle

L’ouverture à ce nouveau type de tourisme, très connoté «développement durable», ne signifie pas pour autant l’abandon du tourisme de masse tel qu’il se pratique dans les villes ou dans les stations d’hiver.

«Il est clair que nous n’allons pas démonter le restaurant du Schilthorn ni les téléphériques du Glacier des Diablerets, précise Willy Geiger. En fait, ce que nous cherchons à faire, c’est attirer de nouveaux clients, surtout en été».

Et le jeu semble en valoir la chandelle. Selon un sondage de la Haute Ecole de Rapperswil – également présenté à la réunion de Wildhaus -, en conciliant judicieusement les intérêts du tourisme et du paysage, le secteur pourrait voir ses recettes augmenter de 40% dans les cinq à dix ans à venir.

Et les adeptes des vacances «vertes» sont des clients de premier choix. Selon la même étude, en effet, ils seraient prêts à débourser entre 10 et 40% de plus si les prestations fournies sont de qualité.

L’affaire des régions

Dans la pratique, la création des «parcs paysage» trouvera sa base légale dans la révision de la Loi sur la protection de la nature et des paysages, qui devrait être sous toit d’ici deux à trois ans.

La création de ces espaces privilégiés devra répondre à une demande des régions et des cantons concernés, mais la Confédération pourra participer au financement des infrastructures jusqu’à hauteur de 60% – le solde étant à charge des partenaires locaux.

swissinfo/Marc-André Miserez

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