Victoire européenne pour les fabricants d’organismes génétiquement modifiés
L’industrie biotechnologique a gagné à Strasbourg: le Parlement européen a renoncé ce mercredi à introduire un régime de responsabilité pour organismes génétiquement modifiés. Un régime contesté par un lobby comptant notamment quatre sociétés suisses.
L’industrie biotechnologique a gagné à Strasbourg: le Parlement européen a renoncé ce mercredi à introduire un régime de responsabilité pour organismes génétiquement modifiés. Un régime contesté par un lobby comptant notamment quatre sociétés suisses.
Europabio crie victoire. Cette association basée à Bruxelles défend les intérêts de quarante sociétés, dont Novartis, Roche, Serono et Nestlé. Pour elle, le vote du Parlement de Strasbourg indique tout simplement que «l’Europe dit oui à la biotechnologie».
Au-delà de ce raccourci, il est vrai que l’industrie biotechnologique a su imposer ses principaux arguments. Elle est surtout parvenue à éviter l’introduction d’une responsabilité civile complète en cas d’accident concernant l’environnement ou la santé humaine. La commission de l’environnement et des consommateurs voyait là l’application du principe du pollueur-payeur. La plénière n’en a pas voulu mais souhaite l’instauration d’une législation plus vaste sur la responsabilité environnementale.
Autre point litigieux, la dissémination d’organismes génétiquement modifiés porteurs de gènes de résistance à un antibiotique. La commission voulait l’interdire, même à des fins de recherche. Le Parlement européen a opté pour une formulation beaucoup moins contraignante, il demande aux Etats membres et à la Commission européenne d’examiner ces cas avec «une attention particulière».
Les écologistes parlent de «désastre». Pour eux, le vote du Parlement constitue un cadeau à l’industrie et ne va pas réduire les craintes du public. Du côté de l’industrie biotechnologique, en revanche, on se réjouit de ce pas vers la fin du moratoire frappant depuis deux ans l’approbation de nouvelles variétés d’OGM, à commencer par le maïs Bt de Novartis.
Thierry Zweifel, Bruxelles
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