Téhéran réfute «toute guerre régionale» contre ses voisins
L'Iran dénonce de nouvelles attaques contre plusieurs hôpitaux. Les Etats-Unis et Israël "n'ont aucune limite", "aucun respect" pour le droit international et les droits humains, a affirmé mardi son ambassadeur à l'ONU à Genève. Et de réfuter toute "guerre régionale".
(Keystone-ATS) «La guerre a été imposée à la nation iranienne», a dit Ali Bahreini aux correspondants accrédités à l’ONU à Genève (ACANU). «Personne ne devrait s’attendre à ce que l’Iran montre de la retenue» après avoir été attaqué, a-t-il ajouté. «La responsabilité devrait être mise sur les Etats-Unis et l’Iran».
«Nous continuerons notre défense jusqu’à ce que cette agression s’arrête», dit également l’ambassadeur. Il demande à nouveau à la communauté internationale d’oeuvrer pour mettre un terme aux violences.
Certaines sources affirment que l’attaque contre une école à Minab serait liée à une erreur de tir iranien. M. Bahreini n’a aucun doute qu’Israël a perpétré ce raid. «Il n’y a eu aucun démenti» ni côté américain, ni côté israélien, a-t-il affirmé. L’ONU a appelé mardi à une investigation rapide.
L’ambassadeur a aussi insisté sur les liens avec les pays de la région. «Nous n’avons aucun problème avec nos voisins», a-t-il insisté, expliquant les attaques contre Oman et d’autres Etats parce que des bases opérationnelles américaines s’y trouvent. «C’est une mesure inévitable pour défendre notre pays», a-t-il dit, parlant de cibles légitimes et excluant tout dommage civil, contrairement à ce qu’affirment certains pays.
Dirigeants européens en «hypocrites»
Revenant sur les pourparlers, dont une série a encore eu lieu jeudi dernier à Cologny (GE), M. Bahreini s’étonne à nouveau que les Etats-Unis aient frappé alors que les discussions avançaient. «Nous doutons de l’utilité de négociations actuellement», a-t-il également dit, répétant les déclarations du chef de la diplomatie Abbas Araghchi. Il dément tout contact direct ou indirect avec le président américain Donald Trump.
Et l’ambassadeur de demander des garanties sur l’absence de nouvelles offensives militaires avant de mener tout nouveau dialogue indirect. «Nous étions venus aux négociations de bonne foi et avec des initiatives», a-t-il insisté. Des discussions techniques auraient dû ensuite avoir lieu lundi à Vienne, avant une nouvelle série de pourparlers indirects facilités par Oman.
M. Bahreini considère également comme hypocrite l’attitude des pays européens. Téhéran a averti mardi ceux-ci que toute aide aux Etats-Unis serait considérée comme un «acte de guerre». Plus largement, l’ambassadeur ne pense que le poids iranien sur la scène internationale ait «diminué».
«L’Iran ne s’est jamais appuyé sur aucun pays» pour sa sécurité, selon lui. Et les alliés russe et chinois comprennent que les attaques américaines ciblent tout pays pas en accord avec eux, dit-il. L’Iran travaille à un possible débat urgent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.