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Les trois accusés Naim Cherni, Nicolas Blancho et Qaasim Illi à leur entrée au Tribunal pénal fédéral mercredi à Bellinzone.

KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI

(sda-ats)

Les défenseurs des trois cadres du Conseil central islamique suisse ont plaidé l'acquittement jeudi devant le Tribunal pénal fédéral. La procureure fédérale a en revanche requis une peine de 24 mois de prison avec sursis contre chacun des prévenus.

Il est reproché aux trois hommes d'avoir diffusé de la propagande interdite en faveur d'Al-Qaida, à travers deux vidéos tournées par Naim Cherni lors d'un voyage en Syrie à l'automne 2015. La première est une interview d'un certain Abdallah Al-Muhaysini et la seconde est présentée comme un "documentaire".

Selon le Ministère public, Abdallah Al-Muhaysini serait un membre du cercle dirigeant d'Al-Qaida. Le Conseil central islamique suisse (CCIS) rétorque que cet homme serait au contraire un médiateur entre les différents groupes djihadistes.

Il ne serait affilié ni à Al-Qaida ni à aucune autre faction. Sinon, il n'aurait pas été reconnu comme intermédiaire par les différents groupes impliqués dans la guerre civile en Syrie, argumente le CCIS.

Prouver son appartenance à Al-Qaida

Lors de son réquisitoire mercredi, la procureure fédérale Juliette Noto a tenté d'établir le rôle d'Al-Muhaysini en Syrie. Elle a présenté de nombreux extraits de vidéos publiées sur internet. Aux Etats-Unis, Al-Muhaysini serait considéré comme un dirigeant important d'Al-Nusra, la branche syrienne d'Al-Qaida.

Jusqu'à ce procès, Al-Muhaysini était inconnu en Suisse. De même, Al-Nusra ne figure pas sur la liste des organisations soumises à des sanctions par le SECO. Pour que les trois membres du CCIS puissent être condamnés en vertu de la loi interdisant les groupes Al-Qaida et Etat islamique ainsi que les organisations apparentées, le Ministère public doit prouver qu'Al-Muhaysini est membre de l'une d'elles.

La fonction de ce personnage est donc l'un des piliers de l'accusation. L'autre étant que les vidéos de Cherni ne sont pas des productions journalistiques mais de la propagande.

La procureure a reconnu que l'on pouvait certes interviewer des terroristes. Mais elle reproche à Cherni de ne pas avoir posé de questions critiques durant l'entretien. Il s'est contenté d'indiquer des thèmes sur lesquels Al-Mahaysini a pu s'exprimer à sa guise.

Le rôle des deux autres prévenus, Qaasim Illi et Nicolas Blancho, a consisté avant tout à faire la promotion des vidéos. Selon l'accusation, M. Illi a donné son autorisation à leur diffusion.

Un procès politique

Les prévenus ont dénoncé un procès politique. Pour cette raison, ils ont refusé de répondre aux questions de la présidente et se sont référés à un rapport préparé en avril par le CCIS en vue de cette audience.

Lors des plaidoiries, les avocats se sont également exprimés sur le rôle d'Abdullah Al-Muhaysini. Michael Burkard, défenseur de Naim Cherni, a tenté d'établir que cet homme n'était pas un dirigeant d'un groupe apparenté à Al-Qaida.

Il a ajouté que Naim Cherni pouvait invoquer les droits fondamentaux que sont la liberté d'opinion et d'information ainsi que la liberté de la presse. Même si les deux vidéos relèvent du reportage de complaisance et du journalisme à la petite semaine.

Pas de loi anti-djihad

Le défenseur de Qaasim Illi s'est concentré sur les faiblesses de la loi interdisant les groupes islamiques. Il ne s'agit pas d'une loi anti-djihad, a estimé Lorenz Irni. C'est pourquoi n'importe quelle organisation djihadiste ou islamiste et sa propagande ne tombe pas sous le coup de cette disposition.

Comme ses deux confrères, Lukas Bürge, qui parlait au nom de Nicolas Blancho, a souligné que le droit d'interviewer un terroriste ne devait pas dépendre des convictions de celui qui pose les questions. On aboutirait ainsi à une répression des opinions. Michael Burkard a ajouté qu'une condamnation aurait des conséquences désastreuses pour le travail des journalistes à l'avenir. (cause SK.2017.49)

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ATS