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Macron en quête de concessions d'une Merkel affaiblie

Ce contenu a été publié le 19 juin 2018 - 07:01
(Keystone-ATS)

Emmanuel Macron tente mardi d'obtenir d'Angela Merkel un accord pour renforcer les fondations de la zone euro malgré l'affaiblissement de la chancelière allemande. Le dossier pourrait être éclipsé par l'accueil des migrants qui met à nouveau à mal la cohésion de l'UE.

Les deux dirigeants se retrouveront au château de Meseberg, près de Berlin, pour un sommet franco-allemand, dix jours avant le Conseil européen de Bruxelles qui est condamné à l'échec si Paris et Berlin ne parviennent pas avant à un consensus. La réunion rassemble aussi les principaux ministres des deux pays. Une conférence de presse commune de la chancelière allemande et du président français est programmée pour 16h00.

Plusieurs dossiers

La question des migrants est un sujet explosif pour les deux pays. La chancelière allemande Angela Merkel traverse une crise gouvernementale sur la question, tandis que le président français Emmanuel Macron doit gérer de fortes tensions avec l'Italie. Paris comme Berlin sont d'accord pour aller vers une harmonisation des règles d'asile en Europe, un Office européen commun et une véritable police des frontières européennes.

Tous deux veulent aussi réformer le système actuel dit de Dublin, qui fait supporter aux pays d'arrivée (Italie et Grèce notamment) le plus gros des migrants et plaident pour plus de solidarité européenne. Angela Merkel a désormais de facto renoncé à son idée de quotas de répartition contraignants de migrants entre pays, vus d'un mauvais oeil par la France, et soutient l'idée de contributions différenciées des Etats (financière notamment). Macron a proposé un système d'aides incitatives pour l'accueil des migrants.

L'Europe d'abord?

Concernant la zone euro, Berlin a rejeté l'idée française d'un ministre des Finances ou d'un Parlement de la zone euro. Angela Merkel a fini par accepter du bout des lèvres l'idée d'Emmanuel Macron d'un budget d'investissement. Mais elle entend le limiter à quelques dizaines de milliards d'euros, là où le chef de l'Etat français en voulait plusieurs centaines. Il pourrait être financé par une taxe sur les transactions financières.

Face à la politique de "l'Amérique d'abord" de Donald Trump, l'Allemagne traditionnellement pacifiste et atlantiste s'est rapprochée de la vision française d'une Europe souveraine, y compris dans le domaine militaire. Berlin et Paris sont par ailleurs d'accord de réduire la taille de la Commission, quitte à ne pas avoir temporairement de commissaire dans le cadre d'un système de rotation.

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