Pologne : le maire libéral de Varsovie annonce la création d'un mouvement de citoyens

"On ne peut pas déposer les armes (...) J'entreprends donc la création d'un mouvement de citoyens parce que les partis politiques ne suffiront plus", a annoncé M. Trzaskowski. KEYSTONE/AP/Czarek Sokolowski sda-ats
Ce contenu a été publié le 17 juillet 2020 - 20:48
(ATS)

Le maire libéral de Varsovie Rafal Trzaskowski, qui a perdu de justesse le scrutin présidentiel du 12 juillet, a annoncé la création prochaine d'un large mouvement citoyen en faveur d'une Pologne "tolérante et européenne", au cours d'un rassemblement post-électoral.

Le chef de l'Etat sortant Andrzej Duda, soutenu par le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS, au pouvoir), l'a emporté avec 51% des suffrages face à M. Trzaskowski.

La principale force d'opposition, la Plateforme civique (PO, centre), dont M. Trzaskowski est un des vice-présidents, a annoncé jeudi avoir déposé un recours devant la Cour suprême afin de tenter d'obtenir l'invalidation de l'élection qui, selon elle, n'a été ni "équitable" ni "honnête".

Nombreuses irrégularités

La PO a signalé de nombreuses irrégularités dans le scrutin et accusé de partialité la télévision publique et l'appareil de l'Etat contrôlé par le PiS.

"On ne peut pas déposer les armes (...) J'entreprends donc la création d'un mouvement de citoyens parce que les partis politiques ne suffiront plus", a annoncé M. Trzaskowski devant une foule réunie dans le centre de la ville de Gdynia (nord).

Plus de détails d'ici fin juillet

Le maire de Varsovie a invité tout le monde à rejoindre ce mouvement dont la base serait constituée par des pouvoirs locaux et des ONG. Il a promis de dévoiler plus de détails "d'ici à la fin de juillet", avant un premier rassemblement annoncé pour le 5 septembre.

Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé lundi que le scrutin présidentiel avait été "terni" notamment par une couverture partiale de la campagne électorale par la télévision publique.

La campagne électorale et "la couverture par les médias publics ont été marquées par une rhétorique homophobe, xénophobe et antisémite", selon un communiqué du Bureau de l'OSCE chargé des Institutions démocratiques et des droits de l'homme (ODIHR).

Au cours de sa campagne, M. Duda a dénoncé avec des accents populistes "l'idéologie LGBT" et a accusé son rival de ne pas rejeter les demandes de compensations de juifs persécutés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Décision de la Cour suprême attendue

En vertu de la Constitution, la Cour suprême a jusqu'au 3 août pour se prononcer sur la validité de l'élection.

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