Les Etats-Unis ont arraché à Genève un succès sur Pékin. Ils ont obtenu mercredi une réforme de tarifs postaux entre pays et ne quitteront pas l'Union postale universelle (UPU) comme ils le menaçaient. Et lancent un avertissement à l'OMC.

"C'est un important accord" qui éliminera une distorsion de marché contre les Etats-Unis, s'est réjoui devant la presse un conseiller économique de Donald Trump, Peter Navarro. Il a dit que ce compromis obtenu en moins d'un an permettra à son pays de préserver des "centaines de millions de dollars" et des "dizaines de milliers d'emplois".

Les Etats-Unis avaient menacé il y a un an de sortir de l'institution si les 192 membres n'adoptaient pas de nouvelles règles sur les compensations que chacun paie au pays de destination d'une lettre ou d'un petit paquet. Les Etats de l'UPU avaient décidé d'organiser un Congrès extraordinaire pour discuter de cette question.

Avec la montée du commerce électronique, les Etats-Unis ont obtenu ce qu'ils souhaitaient. Ils appliqueront librement leurs tarifs dès juillet 2020 de la même manière que les Etats qui importeraient autant de lettres qu'eux. Les autres pays devront attendre 2021 pour bénéficier du même avantage.

Si les prix vont augmenter, tous les Etats devront toutefois établir des tarifs qui ne dépassent pas une certaine part des frais postaux d'un envoi similaire entre deux villes sur leur propre territoire. Seule compensation, les Etats-Unis devront payer à l'UPU huit millions de francs par an jusqu'à 2025, au moment où les taux libres de rémunération seront généralisés pour tous.

OMC ciblée

Washington ne cache pas que cette lutte était "surtout" menée contre la Chine, accusée de subventionner son commerce vers les Etats-Unis grâce à ces frais peu élevés depuis le lancement du système de l'UPU en 1969. Une étape supplémentaire dans les tensions qui opposent ces deux pays, notamment à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les tarifs douaniers.

Les frais d'envoi de la Chine vers les Etats-Unis vont augmenter, mais cette situation n'aura pas d'impact négatif pour les consommateurs américains, a ajouté le conseiller économique. Reprenant les offensives régulières de M. Trump contre le multilatéralisme, M. Navarro a aussi tenu à lancer un avertissement.

Les organisations internationales "doivent honorer les droits des Etats-Unis et oeuvrer pour leurs membres", a-t-il ajouté, revendiquant un succès sur cette question. Pour autant, l'ambassadeur américain à l'OMC a admis qu'une réforme de cette organisation sera plus difficile.

Pékin était de son côté favorable au maintien du dispositif de l'UPU, acceptant une augmentation et une uniformisation des tarifs en 2020. Elle s'est pliée au compromis.

Priorité suisse atteinte

Le directeur général de l'UPU Bishar Hussein s'est lui dit ravi d'avoir pu éviter le départ américain, qui aurait constitué une première en près de 150 ans de l'organisation. "C'est un moment historique" pour l'institution, a-t-il affirmé, ajoutant que le compromis n'avait pas été facile à adopter. Un groupe de 34 pays, dont la Chine, a oeuvré ces derniers jours pour rapprocher les positions.

Mardi, au début de la réunion, le directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) Philipp Metzger avait affirmé que la priorité suisse était de préserver l'institution. Sans dévoiler la solution préférée pour Berne, il avait ajouté que toute solution qui honorerait cet objectif serait satisfaisante pour la Suisse.

Aussi bien M. Hussein que lui-même avaient expliqué de leur côté qu'un retrait américain de l'institution provoquerait un impact important pour le consommateur. L'étendue de celui-ci était toutefois "difficile à évaluer", avait relevé M. Metzger.

Notamment parce que les Etats-Unis auraient dû alors négocier des accords séparés avec les membres de l'UPU. Au total, les représentants de quelque 150 de ces pays étaient réunis à Genève.

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