UBS en mesure de faire face à des pertes en cas de crise
UBS, ainsi que les banques axées sur le marché suisse, seraient capables d'absorber les pertes engendrées par "des scénarios défavorables", souligne le géant bancaire qui dispose d'assez de fonds propres pour se conformer au tour de vis demandé par le Conseil fédéral.
(Keystone-ATS) «Le secteur bancaire suisse est globalement bien positionné pour relever les défis que présente l’environnement actuel», note la Banque nationale suisse (BNS) dans son rapport sur la stabilité financière publié jeudi. Dans le même temps, elle pointe que «le contexte économique et financier reste difficile pour le secteur financier suisse, en raison notamment du conflit au Moyen-Orient, des tensions liées au commerce international, et des incertitudes géopolitiques et macroéconomiques qui en découlent.»
Concernant les banques d’importance systémique, la «profitabilité» de PostFinance et de la Banque Cantonale de Zurich (ZKB) a augmenté l’an passé mais diminué pour le groupe Raiffeisen. Les ratios de fonds propres se sont globalement accrus.
Du côté de la banque aux trois clés, la capacité d’UBS à générer des profits «a continué d’augmenter en 2025. Cette amélioration s’explique par la performance de l’activité de gestion de fortune et de la banque d’investissement», alors que les activités suisses ont, à l’inverse, vu leur rentabilité diminuer en raison de la baisse du résultat net des opérations d’intérêts.
Fonds propres suffisants
En matière de fonds propres, UBS dépasse les exigences de la réglementation too big to fail (TBTF) dans une perspective d’application intégrale, auxquelles elle sera astreinte à partir de 2030, ajoute la BNS. Pour autant, la crise du Credit Suisse a montré que la réglementation bancaire devait être encore renforcée en Suisse.
Le renforcement de la réglementation «Too big to fail» n’entraînera pas de désavantage concurrentiel, a souligné jeudi en conférence de presse Antoine Martin, vice-directeur de la BNS. Selon lui, «UBS se situera au même niveau que ses homologues internationaux».
«Du point de vue de la Banque nationale, les mesures dans le domaine des liquidités et des fonds propres sont particulièrement importantes», pointe la BNS dans son rapport sur la stabilité financière. Elle rappelle qu’en ce qui concerne les fonds propres, le projet que le Conseil fédéral a soumis le 22 avril au Parlement prévoit la couverture complète en fonds propres des participations des banques dans des filiales non résidentes. La proposition du gouvernement «vise à traiter ces risques de manière ciblée, et concerne essentiellement» la banque aux trois clés.
Cette mesure est «ciblée et proportionnée» a insisté M. Martin.
«UBS dispose déjà de fonds propres suffisants pour satisfaire aux exigences proposées», selon les calculs pro forma des autorités et réserves comprises, note la gardienne du franc.
Début juin, le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, a assuré que la grande banque «acceptera et respectera» la décision du Parlement au sujet des fonds propres.
Sur la base des tests de résistance de la BNS, la plupart des banques axées sur le marché intérieur devraient être en mesure, grâce à leurs volants de fonds propres, d’absorber l’impact économique des scénarios de crise susceptibles de les affecter sans avoir à réduire l’octroi de prêts ou à renforcer leur capitalisation.
Ces banques, compte tenu de leur modèle d’entreprise, «sont particulièrement vulnérables à une hausse sensible des taux d’intérêt associée à une correction des prix sur le marché immobilier suisse».
Sorties d’argent
Sur le volet des flux d’argent, «les événements de 2022-2023 en Suisse et aux États-Unis ont montré que les sorties de liquidités peuvent épuiser rapidement des volants de liquidité même substantiels».
Certaines banques risquent aussi de faire face à des pénuries de liquidités en monnaies étrangères, relève la BNS pour qui «il est par conséquent indispensable que les banques préparent suffisamment de sûretés admissibles pour pouvoir obtenir si besoin un soutien en liquidités de la part de la BNS (à travers la facilité étendue de liquidités, FEL), voire d’autres banques centrales le cas échéant».
Enfin, l’institut ajoute que les intermédiaires financiers non bancaires (IFNB), soit les fonds de placement, les caisses de pension et les compagnies d’assurance, «jouent un rôle important dans le système financier en Suisse, avec des implications potentielles pour la stabilité financière». Il existe ainsi de fortes interdépendances entre le secteur bancaire suisse et les IFNB résidents et non-résidents. Ces derniers sont essentiellement reliés à UBS, en raison de sa taille, de son large éventail d’activités et de son profil international.
Les actifs financiers des IFNB suisses sont «considérables», représentant au total 554% du PIB suisse et 171% des actifs financiers du secteur bancaire suisse à fin 2025.