Un diplomate chinois de haut rang a exclu mercredi toute nouvelle concession aux manifestants pro démocratie. Cela s'est passé à la veille d'un premier dialogue entre la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et des représentants de la population hongkongaise.

L'ex-colonie britannique traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à Pékin avec, depuis juin, des manifestations et actions pour dénoncer un recul des libertés ou demander des réformes démocratiques. Carrie Lam, qui concentre la colère des manifestants pour son intransigeance, rencontrera jeudi soir 150 Hongkongais tirés au sort, dans ce qui est présenté comme un premier "dialogue" avec la population.

Quelque 20'000 personnes ont demandé à participer à ce dialogue, et seules 150 seront choisies au hasard pour prendre part à une session de deux heures avec la cheffe de l'exécutif. Mercredi, un diplomate chinois de haut rang a déclaré qu'il revenait au gouvernement local de Hong Kong de décider de la manière de gérer les manifestations tout en rejetant les revendications des manifestants pro-démocratie.

Donner "une réponse ne signifie pas (faire) une concession", a déclaré Song Ru'an, adjoint au bureau du ministère des Affaires étrangères à Hong Kong, lors d'un rare entretien de trois heures avec des journalistes étrangers. Il a qualifié les demandes des manifestants de "chantage et de coercition politiques flagrants".

Ces propos montrent la marge de manoeuvre très limitée de la cheffe de l'exécutif, comme elle l'avait affirmé dans un enregistrement diffusé par Reuters au début du mois. La mobilisation est née du rejet d'un projet de loi hongkongais qui devait autoriser les extraditions vers la Chine, aujourd'hui enterré. Les revendications se sont considérablement élargies depuis.

"Aggraver la situation"

Les militants pro démocratie accusent Pékin de s'asseoir sur ses promesses en augmentant son emprise politique sur le petit territoire et en refusant de lui accorder un véritable suffrage universel. Pékin avait accepté le principe du suffrage universel pour l'élection du chef du gouvernement de la région semi-autonome mais n'autorisait que deux ou trois candidats adoubés par un comité aux ordres du pouvoir à se présenter.

Ce projet controversé de réforme électorale est à l'origine du Mouvement des parapluies en 2014. Des dizaines des manifestants avaient alors réclamé en vain l'instauration d'un vrai suffrage universel en bloquant le coeur financier de la ville pendant des semaines.

M. Song a déclaré que la réintroduction de la question du suffrage universel n'est pas à l'ordre du jour car "cela ne ferait qu'aggraver la situation". Interrogé sur la légitimité des griefs exprimés par les Hongkongais, il a reconnu que Hong Kong avait des "problèmes", mais il a refusé de préciser lesquels.

Il a par ailleurs appelé les manifestants pacifiques à prendre leurs distances avec les groupuscules radicaux. Les manifestations hongkongaises ont souvent dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l'ordre.

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