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Un voyage hors du temps

Christine Vouilloz et Marc Duret dans un décor des plus sobres. Cyr-Emmeric Bidar

Joël Jouanneau met en scène au Forum Meyrin à Genève «Juste la fin du monde». Une pièce douce-amère du Français Jean-Luc Lagarce mort du sida à 38 ans.

Ce contenu a été publié le 08 avril 2002 - 14:53

Dramaturge, acteur et metteur en scène français, Jean-Luc Lagarce est décédé en 1995. De sa biographie, Joël Jouanneau a tiré une fiction basée sur un thème central: le voyage.

Thème qu'il illumine de ses multiples sens la plupart des textes de l'auteur: parcours d'une troupe itinérante dans «Nous les Héros», déambulation nocturne d'un malade dans «Le Voyage à La Haye» et anticipation du grand départ dans «Juste la fin du monde», pièce où Lagarce porte à la scène sa propre figure et prête à son personnage le nom de Louis.

Louis est «l'étranger», «le voyageur» qui vient annoncer à sa mère, sa sœur, son frère et à la femme de ce dernier sa «mort prochaine et irrémédiable».

Le Français Joël Jouanneau qui avait mis en scène «Juste la fin du monde», il y a trois ans, au Théâtre de Vidy-Lausanne, reprend cette pièce au Forum Meyrin, avec toujours la même exigence dans son travail.

Une affaire de respiration

Tout dans son spectacle est affaire de respiration, de gestes savamment dosés, appropriés au théâtre de Lagarce qui est un théâtre du verbe. Il est la rumination d'une souffrance portée par les voix vibrantes des comédiens (Marc Duret, Pénélope Pierson, Laurent Sauvage, Michèle Simonet et Christine Vouilloz) qui perdent leur souffle par moments comme s'ils gravissaient une pente.

C'est que l'auteur impose à ses personnages et à leurs interprètes le rythme haletant de son courage et de ses lâchetés. Il ne faut toutefois pas s'attendre à un quelconque effet scénique.

La théâtralisation reste bannie, la sobriété est de mise, y compris dans le décor: trois pans de mur blancs et un sol en pente douce, qui oblige les acteurs à freiner leurs pas.

L'ensemble se joue avec retenue. Même cet affrontement entre Louis et son frère; très bel instant de violence et de vérité sur lequel s'achève «Juste la fin du monde», et auquel le metteur en scène donne la forme d'un duel.

Face à face, donc, les deux hommes. La colère de l'un s'envole en récitatif, tandis que celle de l'autre se dilue dans le silence étourdissant d'un cri sans sons émis par Louis.

swissinfo/Ghania Adamo

«Juste la fin du monde», au Forum Meyrin (GE); du 9 au 11 avril. Tel: 022/989 34 34

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