Affaire Pinochet: la Suisse maintient sa demande d’extradition
Tout comme l’Espagne, la Belgique et la France, la Suisse avait jusqu'à ce mardi pour se prononcer sur le dossier médical de l’ancien dictateur chilien. Berne estime que c’est à la justice espagnole de décider si Augusto Pinochet peut suivre un procès.
Tout comme l’Espagne, la Belgique et la France, la Suisse avait jusqu’à ce mardi pour se prononcer sur le dossier médical de l’ancien dictateur chilien. Berne estime que c’est à la justice espagnole de décider si Augusto Pinochet peut suivre un procès.
Selon Bernard Bertossa, le juge à l’origine de la demande d’extradition helvétique, des motifs d’ordre sanitaire ne peuvent être invoqués par Londres pour refuser l’extradition du vieux général, sauf s’il est intransportable.
Cet avis, partagé par l’Office fédéral de la police, se fonde sur la Convention européenne en matière d’extradition. La position suisse, transmise lundi soir à Londres, n’a donc pas évolué depuis que le ministre britannique de l’Intérieur, Jack Straw, s’est déclaré enclin à libérer Augusto Pinochet, sur la base d’une expertise médicale.
La Suisse s’en tient à une position de principe. Contrairement aux autres pays concernés, Berne n’a pas fait analyser le dossier médical d’Augusto Pinochet par un médecin et ne conteste donc pas le contenu même de ce dossier, alors que la France et la Belgique demandent une nouvelle expertise.
De fait, depuis le début de l’affaire, la Suisse a toujours donné la priorité à la procédure espagnole. En outre, la demande d’extradition helvétique a peu de chance d’aboutir. Car même si l’ancien dictateur chilien est envoyé en Espagne, la demande d’extradition helvétique continuera de dépendre des autorités britanniques.
Or, si la Chambre des Lords a bien accepté le 24 mars dernier le principe de l’extradition du général chilien, elle a limité un éventuel procès au fait remontant à la fin de son règne, soit depuis l’année 1988. La demande suisse, elle, se fonde sur le cas d’Alexis Jaccard, un double national suisse et chilien disparu en 1977 déjà.
Frédéric Burnand
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