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Carla Del Ponte contre Slobodan Milosevic

Carla del Ponte et Slobodan Milosevic. swissinfo.ch

La magistrate suisse veut traduire l'ancien dictateur yougoslave en justice. Pour sa responsabilité dans les crimes contre l'humanité commis par les Serbes au Kosovo. Et pour génocide en Bosnie et en Croatie. Mais, lors de sa première comparution, mardi, à La Haye, Slobodan Milosevic a dénié toute légitimité au TPI.

Pour l’ancien président yougoslave, le Tribunal pénal international (TPI) est illégal. Et l’acte d’accusation est faux.

Le juge britannique Richard May, qui présidait cette première comparution, considère que cette fin de non recevoir équivaut à un plaidoyer de non culpabilité.

Les procédures préliminaires au procès de Slobodan Milosevic ont été ajournées à la fin du mois d’août.

De son côté, Carla Del Ponte persiste et signe. «J’ai demandé à mes enquêteurs d’être prêts pour le 1er octobre, au plus tard. Et j’insiste sur ce délai.»

La magistrate suisse caresse même l’espoir de publier l’acte d’accusation avant cette date. «On en discutera en août. Mais j’espère que nous serons prêts avant.»

En fait, la procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie projette d’organiser un procès unique. Autrement dit, celui de Slobodan Milosevic, accusé principal des crimes perpétrés au nom de la purification ethnique dans les Balkans.

L’ancien dictateur serait alors seul dans le box. Pour la procureure du TPI, «Slobodan Milosevic est le responsable numéro un des crimes commis en Bosnie, en Croatie et au Kosvo».

Et Carla Del Ponte de rappeller cette règle juridique fondamentale: «un accusé doit être jugé en une fois pour tous les crimes dont il est accusé au moment de son procès.»

Les autres co-inculpés dans le dossier Kosovo ne seraient donc pas jugés en même temps que l’ex-chef d’Etat. Carla Del Ponte va demander «la disjonction des affaires».

Mais les avocats de Slobodan Milosevic ont leur mot à dire. Et les juges aussi.

Alain Franco, La Haye

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