Cartes de téléphone pour terroristes ?
Des terroristes liés aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis ont utilisé des téléphones mobiles munis de cartes à pré-paiement suisses.
Des terroristes d’Al-Qaïda, étroitement liés aux attentats meurtriers du 11 septembre perpétrés aux Etats-Unis, utilisaient des cartes à pré-paiement helvétiques dans leurs téléphones portables.
L’Office fédéral de la police (OFP) a confirmé, jeudi, l’information parue dans le magazine alémanique «Facts». Cela dit, l’OFP n’a pas voulu donner d’autres précisions.
Les enquêtes démontrent
Des enquêtes de la police criminelle fédérale ont démontré que de telles cartes avaient été utilisées «par des personnes liées» aux attentats, a indiqué, jeudi, Danièle Bersier, porte-parole de l’OFP.
Mais, en raison des investigations menées actuellement par le Ministère public de la Confédération, aucun détail n’a pu filtrer.
Reste que «l’anonymat de ces cartes a empêché d’identifier des appels suspects en Afghanistan et au Pakistan», a déploré l’OFP.
Problème helvétique
Toujours est-il que le problème est connu de longue date. La Suisse est l’un des seuls pays où les clients n’ont pas besoin de décliner leur identité pour acheter une telle carte. Cette situation permet donc aux criminels d’échapper à la surveillance et aux poursuites.
Les autorités fédérales ne sont pas les seules à lutter contre ce problème dans le cadre de leur lutte contre la criminalité. Pour toutes les polices cantonales «c’est une épine dans le pied», a précisé Mme Bersier.
Le système de pré-paiement sans enregistrement est proposé par Swisscom, Orange et Sunrise. Pour l’heure, l’Office fédéral de la communication ne prévoit pas de supprimer ce système.
Vers une remise en question ?
Le Parlement s’est penché l’an dernier sur la question. Et il s’est prononcé pour un statu quo.
Le Conseil des Etats avait certes voulu obliger les fournisseurs à garder au moins deux ans les données relatives aux acheteurs de cartes à pré-paiement.
Mais le National a jugé cette mesure disproportionnée pour l’inscrire dans la loi sur la surveillance de la correspondance postale et des télécommunications.
L’automne dernier, la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats est revenue à la charge en approuvant un postulat demandant au Conseil fédéral de se pencher à nouveau sur la question.
swissinfo avec les agences
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