Changer les règles pour «sauver» la F1
En perte de vitesse et désireuse de réduire ses coûts, la Formule 1 s'apprête à vivre une petite révolution.
Afin de sortir de la crise, les hautes instances de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) ont décidé de dépoussiérer le règlement.
Ça vrombit dans les paddocks. Et cette agitation ne concerne pas uniquement les derniers préparatifs d’une saison qui s’annonce haute en couleur.
Dans les coulisses, les grands constructeurs agacés par l’incessante augmentation des coûts menacent de quitter la structure de compétition actuelle dès 2007 pour créer un championnat parallèle.
Cela remettrait directement en cause le pacte de la Concorde signé au début des années 80 avec Bernard Charles Ecclestone: l’homme qui a fait de la F1 le show qu’elle est aujourd’hui.
Plus que 20 voitures au départ
Considéré comme le grand argentier du circuit depuis près de trente ans, cet ancien pilote et patron de Brabham a racheté les droits commerciaux de la F1 à la FIA pour les cent prochaines années.
Cet Anglais de 72 ans encaisse aujourd’hui 53% de la manne financière générée par la F1 au travers de ses différentes sociétés. Trop estiment les constructeurs et les écuries privées contraints de se partager les 47% restants (en fonction des résultats).
Ces derniers crient famine et réclament une augmentation de leur part du gâteau. Et les faits semblent leur donner raison.
A l’heure actuelle, seules dix écuries sont encore en mesure de s’aligner alors qu’elles étaient dix-huit par le passé. Et encore, Minardi a d’ores et déjà prévu de s’arrêter après le quatrième Grand-Prix à Imola.
Une baisse d’audience
«Les constructeurs sont venus en F1 car c’était la meilleure vitrine pour eux de vendre des voitures, Mais maintenant ils veulent une F1 qui ne leur coûte rien et c’est un vrai cauchemar», s’est défendu Bernie Ecclestone dans les colonnes du Times.
Mais il n’y pas exclu, le cas échéant, de rejoindre la table des négociations pour établir un nouveau pacte qui garantirait une plus grande marge de manœuvre aux différentes équipes.
Car Bernie sait que son bébé est malade. Plombée par ces questions financières et desservie par l’outrageante domination de Ferrari, la F1 voit son audience télévisuelle chuter.
Une révolution dans le règlement
La formule ne marche plus! Qu’à cela ne tienne, changeons-la. En s’appuyant sur l’article 61 de la FIA qui stipule qu’«un pilote doit conduire sa voiture seule et sans aide», le président Max Mosley a changé les règles du jeu.
De ce grand chambardement on retiendra plusieurs éléments importants. Désormais, les huit – et non plus les six – premiers de chaque course marqueront des points. La durée des essais qualificatifs est réduite et chaque équipe pourra bénéficier de pneus plus concurrentiels qu’auparavant.
Entre les dernières qualifications et le jour de la course, les voitures resteront parquées dans un endroit neutre et sous haute surveillance. Sans autorisation de changer les pneus ou de rajouter de l’essence.
Enfin, les assistances électroniques au pilotage, les programmations de boîte de vitesse ainsi que l’intervention d’ingénieurs sur certaines fonctions de la voiture à partir des stands seront abolies en cours de saison.
Ces changements radicaux – acceptés par la plupart des équipes – ont pour but de réintroduire la notion de suspens là où elle avait disparu.
swissinfo, Mathias Froidevaux
Dix équipes débutent la saison.
Minardi se retirera après le GP d’Imola.
Bernie Ecclostone encaisse 53% des recettes commerciales de la F1.
Les 47% restants sont partagées en fonction des résultats.
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