Chasse aux mendiants: les grandes villes suisses ne suivent pas l’exemple de Berne
Dans la plupart des villes de Suisse, la mendicité est interdite. Mais les mendiants sont tolérés. Excepté dans la ville fédérale, où les autorités ont décidé de leur rendre la vie dure.
Dans la plupart des villes de Suisse, la mendicité est interdite. Mais les mendiants sont tolérés. Excepté dans la ville fédérale, où les autorités ont décidé de leur rendre la vie dure.
Officiellement, faire la manche est autorisé dans la ville de Berne depuis 1990. Ce qui place la capitale fédérale dans une situation juridique assez particulière dans la mesure où la plupart des autres grandes villes suisses interdisent formellement la mendicité.
Mais il ne faut pas s’y méprendre. Il existe un monde entre l’autorisation administrative et la réalité vécue et tolérée par les autorités elles-mêmes. En Suisse, les gens font la manche dans toutes les villes d’une certaine importance et ils se regroupent en général autour des gares ou dans le centre-ville. Ce phénomène est donc visible partout avec plus ou moins d’acuité selon les moments. Mais il reste en règle générale bien moindre que dans les autres villes européennes. Et pour cause, selon la loi, toute personne dans le dénuement peut faire appel aux services sociaux. Et l’aide, si minime soit-elle, suffit pour survivre sans qu’on soit obligé de mendier.
Les autorités bernoises n’ont rien changé formellement. Elles n’interdisent toujours pas la mendicité, contrairement aux autres communes. En revanche, elles ont décidé de ne plus la tolérer et de nettoyer la capitale fédérale de ses mendiants. Depuis ce vendredi donc, des contrôles intensifs de police sont effectués. Ceux qui résident officiellement en Suisse sont envoyés dans un service d’aide sociale. Quant aux touristes mendiants, ils risquent l’expulsion du territoire suisse. Car selon la police bernoise, les deux tiers des personnes qui mendient sont des étrangers organisés en bande. Des données qui ne sont pas confirmées dans les autres villes suisses, qui reconnaissent toutefois, notamment Zurich, que le phénomène des bandes organisées surgit parfois pendant quelques mois avant de disparaître.
La décision de Berne est avant tout d’ordre politique. D’ailleurs, la ville appelle la population à l’aider dans sa chasse aux mendiants en lançant une campagne anti-charité. Dans les transports publics et dans la «Feuille d’avis officielle», on peut lire que la mendicité est une atteinte à la dignité humaine et qu’il s’agit de ne pas l’encourager, en refusant par exemple de donner la pièce demandée.
Catherine Miskiewicz
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