George Bush veut une coalition planétaire pour riposter
Pour réagir à l'attaque sans précédent dont les Etats-Unis ont été les victimes mardi, George Bush essaie de forger une coalition également sans précédent, et ce, tant sur plan intérieur que sur le plan international. L'OTAN et l'Europe affichent leur solidarité. Washington espère aussi rallier à sa cause Moscou et Pékin.
La tache est considérable pour un Président américain qui est entré à la Maison Blanche il y a à peine 8 mois sans disposer d’expérience internationale, un Président qui, par ailleurs, a été souvent accuse de négliger une approche multilatérale.
Lors de son premier point de presse organise depuis le quadruple attentat, George Bush a déclare jeudi qu’il est «satisfait de la réaction de la communauté internationale» et se dit confiant de voir la riposte américaine, quelle que soit sa nature, soutenue de façon «universelle».
Une résolution du Congrès
Depuis mercredi, le Président américain s’entretient par téléphone avec un grand nombre de ses homologues à travers le monde. Il a déjà parle avec tous les chefs d’Etat des pays ayant un siége permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, dont les présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Jiang Zemin.
«Les dirigeants auxquels j’ai parlé jusqu’à présent savent que nous venons d’assister au début de la première guerre du 21e siècle», indique le chef de la Maison Blanche, avant d’ajouter: «ils savent aussi que la tragédie qui frappe les Etats-Unis pourrait se dérouler dans leurs pays».
Sur le plan national, le ralliement autour du chef de l’Etat est solide. Selon les sondages, l’écrasante majorité des Américains font confiance à George Bush pour gérer cette crise extraordinaire.
Mercredi soir, le Congrès a voté à l’unanimité une résolution condamnant les attentats, exprimant son soutien au Président Bush et se prononçant en faveur de représailles militaires. Et à l’heure actuelle, la Maison Blanche et le Congrès négocient les termes d’une résolution autorisant le Président à ordonner une action militaire.
Représailles militaires pas imminentes
Les responsables américains laissent néanmoins entendre que des représailles militaires ne sont pas imminentes. George Bush et son secrétaire d’Etat, Colin Powell, prônent la «patience». Le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld, souligne que «la guerre contre le terrorisme ne sera pas gagnée du jour au lendemain».
L’administration Bush veut en effet être sure de l’identité des auteurs et des commanditaires des attentats, ainsi que des gouvernements qui les ont financés ou encouragés. La Maison Blanche souhaite aussi forger une coalition internationale sans précédent, c’est-à-dire d’une ampleur qui soit à la hauteur de l’ampleur sans précédent des attentats et de ce qu’ils signifient pour les Etats-Unis et le reste du monde.
Washington a déjà reçu l’appui de l’OTAN pour une action militaire sur la base de la clause de défense mutuelle du traité de l’Alliance Atlantique. L’OTAN garantit notamment aux avions américains le droit de survoler l’espace aérien des pays-membres de l’Alliance en cas d’action de représailles.
Mais les responsables américains essaient d’élargir la coalition au-delà des alliés traditionnels des Etats-Unis. Comme l’Europe. Et pour la première fois dans l’histoire moderne, Washington recherche ainsi l’appui de la Russie, de la Chine, du Pakistan.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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