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Holocauste: le malaise persiste chez les juifs de Suisse

Centrée sur le souvenir de l’Holocauste, la Conférence de Stockholm permet à la Suisse de présenter le travail qu’elle a accompli en matière d’ouverture des archives et de recherches historiques. Mais la Suisse officielle peine à aller au-delà.

Centrée sur le souvenir de l’Holocauste, la Conférence de Stockholm (photo) permet à la Suisse de présenter le travail qu’elle a accompli en matière d’ouverture des archives et de recherches historiques. Mais la Suisse officielle peine à aller au-delà.

Les travaux historiques de la commission Bergier et les recherches financières de la commission Volcker constituent un exemple, pour l’instant unique, de mise à jour de l’attitude d’un Etat face à l’Holocauste. Mais, comme l’a rappelé le prix Nobel Elie Wiesel, ce mercredi dans la capitale suédoise, la Suisse n’a agi que sous la pression extérieure.

D’ailleurs, depuis la fin de cette crise, les autorités helvétiques semblent vouloir en rester à un service minimum. En tout cas, elles peinent à s’engager dans des actions concrètes. Brigitte Sion, membre de la Coopération intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD), estime que l’essentiel des initiatives pédagogiques par rapport à l’Holocauste sont d’origine individuelle et privée. Elle remarque également que la communauté juive est sans arrêt sollicitée pour financer des projets allant dans ce sens. Comme si la Suisse officielle n’était pas vraiment concernée par l’Holocauste.

C’est également ce que laissent supposer les propos du responsable du service «Suisse-Deuxième Guerre mondiale». Membre de la délégation helvétique à la conférence de Stockholm, Lukas Beglinger juge inappropriée l’instauration, en Suisse, d’une journée commémorative de la Shoah, une idée qui figure pourtant dans le projet de déclaration finale de la conférence de Stockholm: «Du point de vue suisse, l’Holocauste doit, avant tout, servir d’exemple pour enseigner la tolérance».

Ces propos ne sont pas, en eux-mêmes, significatifs. Mais ils confirment la réticence de l’Etat suisse à reconnaître pleinement sa part de responsabilité dans l’accomplissement de l’Holocauste. Cette implication, intentionnelle ou non, a pourtant été établie par la commission Bergier dans son récent rapport sur les réfugiés de la Deuxième Guerre mondiale.

Une chose est sûre: comme nous l’a confirmé Thomas Lyssy, de la Fédération suisse des communautés israélites, le malaise subsiste parmi les juifs de Suisse. Et le récent jugement du Tribunal fédéral dans l’affaire «Spring contre la Confédération» n’a fait que le renforcer.

Frédéric Burnand

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