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L’heure de la chasse a sonné en Valais

On pourra tirer 1000 cerfs cette année, contre 600 l'an dernier. Keystone Archive

Nécessité, passion, tradition, dégoût: la chasse suscite depuis toujours de nombreuses réactions. Au-delà de ces passions, cette activité demeure de nos jours, un des moyens le plus intelligent pour conserver dans nos Alpes, la faune la plus riche d'Europe. C'est en tout cas ce que pense Narcisse Seppey, chef du Service de la chasse en Valais.

A quelques jours près, tous les cantons de Suisse ouvrent la chasse à partir de la fin septembre. Dans le canton du Valais, un des plus concernés par la chasse avec celui des Grisons, les Nemrods pourront s’attaquer à la chasse haute dès lundi.

Cerfs, chamois, chevreuils et sangliers pourront être tirés selon les règles de l’art, et surtout en respectant la loi. Une loi que le chef du service de la chasse, Narcisse Seppey, tient à faire respecter.

Le nombre de chasseur en diminution

Mais le premier constat de cette chasse 2001, c’est que le nombre de chasseurs diminue légèrement. Une tendance qui se fait déjà sentir en France.

«Nous arrivons à une période où de nombreux chasseurs âgés arrêtent leur activité, sans que les fils prennent la relève», explique Narcisse Seppey. Mais surtout, l’obtention du permis est de plus en plus pointue et nécessite deux années de pratique. Et, il faut débourser la somme de 2500 francs pour l’obtenir.

«Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que seule la passion mène à la pratique de la chasse, ajoute Narcisse Seppey. Et ils sont environ 2500 en Valais.

Le souci des grands prédateurs

Toutefois, cette diminution du nombre d’adeptes n’est qu’un petit problème parmi tant d’autres. «Notre premier souci demeure la réintroduction des grands prédateurs que sont le loup et le lynx, lance-t-il. Or, si le lynx semble être accepté par la majorité des chasseurs, le loup suscite un débat très animé».

Pour Narcisse Seppey, le message est clair: La Suisse est un petit pays trop peuplé, pour que le loup y retrouve une place. Ce dernier avoue aimer les loups autant que ceux qui veulent le protéger. Cependant, il doit préserver la faune la plus riche d’Europe, avec un maximum d’équilibre, tout en respectant les lois cantonale et fédérale sur la chasse.

Et cette loi stipule bien que la faune doit être contrôlée afin qu’elle reste diversifiée et qu’elle ne cause pas de dégâts à l’environnement et aux éleveurs.

Les chasseurs ont-ils peur de la concurrence que peut leur faire le loup? «On ne peut raisonner en ces termes, affirme le patron des Nemrods valaisans. Au début de la réintroduction du lynx, tous les chasseurs étaient opposés à cette politique. Or aujourd’hui, l’animal est en général accepté. Le loup par contre est un autre débat et gène plus les éleveurs que les chasseurs.

Le rôle des chasseurs

Il reste que le chasseur demeure un partenaire important du Service de la chasse. «Nous travaillons de concert avec toutes les Dianas du canton (sociétés des chasseurs), afin de définir au mieux ce que sera la chasse de l’année, précise Narcisse Seppey. Une politique d’observation de la faune qui se veut efficace.

Pour preuve, les cerfs sont pléthores cette année. L’objectif est d’en tirer mille au lieu de 600 l’année dernière. Les chamois, les chevreuils et les sangliers, ne posent, eux, pas de problèmes particuliers.

Dérapages mal appréciés

Cependant, tout n’est pas rose dans le milieu de la chasse. Les chasseurs traînent une image parfois négative, suite à quelques dépassements. «C’est absolument faux», rétorque le Valaisan.

Et Narcisse Seppey de conclure: «certes, les dérapages constatés sur le lynx ou le gypaète barbu m’ont mis dans une colère noire. Néanmoins, nous avons trouvé les coupables et les chasseurs ont payé pour relâcher un nouvel oiseau. Dans toutes les sociétés civiles, il y a des criminels, mais je refuse d’entendre que tous les chasseurs sont des assassins!»

Jean-Louis Thomas

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