L’OSAR plaide en faveur de l’admission provisoire des Kurdes de Suisse
Au moment où l’Allemagne et les Pays-Bas s’apprêtent à procéder à des renvois, l’Office fédéral des réfugiés est prié de revoir sa politique à l’égard des demandeurs d’asile kurdes irakiens.
Au moment où l’Allemagne et les Pays-Bas s’apprêtent à procéder à des renvois, l’Office fédéral des réfugiés est prié de revoir sa politique à l’égard des demandeurs d’asile kurdes irakiens.
Le message de l’OSAR a le mérite d’être clair. En demandant à la Suisse de revoir sa politique à l’égard des demandeurs d’asile kurdes, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés met à nouveau le doigt sur un dossier, épineux pour Berne, et douloureux pour les demandeurs d’asile. Notamment pour les requérants d’asile kurdes du Nord de l’Irak.
L’OSAR a demandé, mardi, à l’Office fédéral des réfugiés (ODR) de revenir sur une décision prise l’année dernière. Depuis octobre 1999, l’ODR n’accorde plus l’asile aux Kurdes irakiens, «qui font état de persécutions politiques par le régime central de Bagdad», mais qui peuvent trouver refuge dans le nord de l’Irak. L’ODR se réserve la possibilité d’examiner chaque cas de manière individuelle.
Derrière ce durcissement s’en profile un autre. Il est européen et concerté, celui-là. L’Allemagne et les Pays-Bas, pays d’accueil traditionnels pour les demandeurs d’asile en provenance d’Irak, ont verrouillé leurs territoires et musclé leurs pratiques. «Ils s’apprêtent à renvoyer les réfugiés kurdes du nord de l’Irak», souligne Suzanne Auer, porte-parole de l’OSAR. Et naturellement, la Suisse craint un afflux de ceux qui espèrent pouvoir éviter un retour forcé vers une région qui reste, malgré tout, à risque.
De fait, l’OSAR affirme que l’insécurité et l’instabilité politique plaident, aujourd’hui, en faveur d’une révision de la politique officielle. Au nom de principes humanitaires. Les possibilités «de fuite interne» pour les réfugiés kurdes sont extrêmement limitées. Car rien ne va plus entre les deux principaux partis kurdes. Une mésentente qui empêche l’unification politique et juridique du nord de l’Irak. Sans compter, les fréquentes incursions dans la région de l’armée turque et de groupes islamistes.
Une fois de plus, la Suisse est confrontée aux conséquences de son isolement politique, au plan européen. Et ce n’est pas fini. Car l’Europe des Quinze a mis au point d’autres plans d’actions, qui concernent les réfugiés somaliens et albanais.
Jugurtha Aït-Ahmed
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.