La Confédération dope l’Autorité antiblanchiment
Le Département fédéral des Finances va renforcer l'Autorité de contrôle en matière de blanchiment. Promu au rang de division, cet organe verra ses effectifs passer à 11,5 postes. Par ailleurs, une commission d'experts conseillera l'administration dans l'application de la loi sur le blanchiment d'argent.
Chose promise, chose due. Suite aux problèmes rencontrés l’an dernier par l’Autorité de contrôle, le directeur de l’administration fédérale des Finances, Peter Siegenthaler, avait annoncé en novembre dernier déjà que des mesures allaient être prises pour améliorer la situation.
Une partie d’entre elles ont d’ores et déjà été réalisées, a souligné mercredi le Département fédéral des Finances (DFF). Ainsi, dès le 1er janvier, cet organe de contrôle avait passé du statut de section à celui, plus élevé dans l’administration fédérale, de division.
Cette réévaluation hiérarchique permet d’offrir de meilleures perspectives de carrière aux collaborateurs de l’Autorité de contrôle, qui reste par ailleurs sous la direction de Niklaus Huber. Mais la Confédération entend également montrer ainsi que la lutte contre le blanchiment d’argent fait partie de ses priorités.
Pour cela, d’autres décisions ont encore été prises. Alors que le nombre de postes est actuellement de 10, il va passer à 11,5.
Par ailleurs, une commission d’experts, chargée de conseiller l’administration fédérale des finances dans l’application de la loi contre le blanchiment, a été créée. Permanent, ce conseil consultatif guidera et soutiendra l’Autorité de contrôle
La présidence de cet organe de conseil indépendant a été attribuée au professeur zurichois Peter Nobel, qui faisait partie de la Commission fédérale des banques jusqu’à la fin de l’an dernier. Paolo Bernasconi, ancien procureur du Tessin, en assumera la vice-présidence.
Pour sa part, l’Association suisse des Banquiers s’est déclarée satisfaite. «Nous sommes en faveur de toutes les mesures qui défendent le marché financier suisse, souligne son porte-parole, Thomas Sutter. Cette décision est un premier pas, il faudra voir s’il suffit.»
Pour mémoire, l’Autorité de contrôle en matière de blanchiment a dû faire face à une vague de démissions, l’an dernier, alors même qu’elle accumulait les retards. La situation était même devenue telle que le Parlement s’en était inquiété durant l’été.
L’Autorité de contrôle est chargée de mettre en œuvre la loi sur le blanchiment (LBA), entrée en vigueur le 1er avril 1998. Elle doit garantir que les intermédiaires financiers – notamment les bureaux de change, les assurances, les gérants de fortune – se soumettent bel et bien à un contrôle.
swissinfo avec les agences
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