Le FBI met la pression sur la galaxie terroriste
L'enquête sur les attentats qui ont frappé les Etats-Unis mardi progresse et s'internationalise, bien qu'aucune preuve formelle ne permette encore d'impliquer Oussama Ben Laden. Sur le terrain, près de 48 heures après la tragédie l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise.
A part les 266 occupants des quatre avions de ligne transformés en bombes volantes, aucun bilan global n’a encore été communiqué. Seuls 82 morts ont été confirmées pour l’instant à New York où les tours du World Trade Center ont été anéanties.
Le maire Rudolph Giuliani a concédé que six mille linceuls avaient été commandés. Les équipes de secours poursuivent leurs travaux dans un champ de décombres extrêmement dangereux, risquant de nouveaux éboulements, d’où ils n’ont pu exhumer qu’une poignée de corps et cinq personnes en vie.
Et l’on dispose encore de moins d’informations sur les activités de secours au Pentagone, à Washington, partiellement éventré mardi matin. Les autorités britanniques ont annoncé quant à elles la perte d’une centaine des leurs dans les attentats. Côté suisse, aucun bilan n’a encore pu être annoncé à Berne.
Plus de 2000 pistes
Le FBI a déployé les plus gros moyens de son histoire: 4000 agents spéciaux et 3000 assistants travaillent à pister les terroristes. Les enquêteurs estiment que jusqu’à 50 personnes pourraient être impliquées.
De 12 à 24 pirates de l’air kamikazes, dont un grand nombre sont identifiés, ont donc détourné les avions qui se sont crashés à New York, à Washington et en Pennsylvanie, armés simplement de cutters et de couteaux. Certains avaient suivi des cours de pilotage en Floride.
Par ailleurs, les enquêteurs ont pratiquement acquis la conviction que l’appareil lancé sur le Pentagone avait en réalité comme cible initiale la Maison Blanche.
Selon des responsables américains, la piste la plus sérieuse mène au terroriste d’origine saoudienne Oussama ben Laden, qui se cache en Afghanistan. Le ministre de la Justice américain John Ashcroft a cependant reconnu qu’il était pour l’heure «impossible d’attribuer des responsabilités spécifiques. Nous suivons près de 2000 pistes » a-t-il précisé.
Les autorités canadiennes enquêtent également sur la possibilité que des suspects soient entrés aux Etats-Unis via le Canada. Un agent du FBI s’est rendu en Nouvelle-Ecosse, repartant avec la liste de tous les passagers qui ont emprunté le traversier entre cette province canadienne et l’Etat américain du Maine au cours des dix derniers jours.
En Europe, la police allemande a précisé que deux des auteurs présumés des attentats, tous deux d’origine arabe, ont vraisemblablement séjourné à Hambourg jusqu’au mois de février dernier.
Regain de patriotisme
De nombreux Américains ont consacré une partie de leur soirée de mercredi à des célébrations religieuses, tandis que les ventes de bannières étoilées explosaient, marquant un regain de patriotisme.
A Washington, quelque 400 personnes s’étaient rassemblées mercredi soir devant la Maison Blanche pour «montrer au monde» que les Américains resteront unis. «Le peuple, uni, ne sera jamais vaincu, le peuple, uni, ne sera jamais vaincu», scandait la foule après avoir chanté l’hymne national. A deux kilomètres, devant le Pentagone, des membres des familles des victimes organisaient pour leur part une veillée du souvenir.
Des dizaines de sénateurs et de représentants ont par ailleurs participé à une veillée organisée au Congrès, dans un élan de solidarité et de prière.
Mercredi soir, la chaîne de télévision CNN faisait défiler quant à elle sur les écrans la liste d’une partie des 266 morts dans les quatre avions détournés.
Un pays au ralenti…
Une large partie de l’activité du pays risque de tourner au ralenti pour la troisième journée consécutive jeudi. A New York, la Bourse ne devait pas rouvrir avant vendredi, voire lundi.
Le Pentagone devait toutefois redevenir complètement opérationnel jeudi.
Les milieux économiques, quant à eux, sont optimistes sur la reprise, le moment venu, de l’activité des compagnies locataires du World Trade Center, car celles-ci avaient l’habitude de stocker par précaution leurs données dans plusieurs sites.
…et sur le qui-vive
Signe de la nervosité ambiante, l’Empire State Building de New York a été évacué mercredi soir à la suite d’une fausse alerte à la bombe.
En revanche le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a annoncé que l’état d’alerte des forces armées avait été réduit.
Le président Bush, fort du soutien sans réserve des deux chambres du Congrès, a encore martelé mercredi que les Etats-Unis «ne se laisseront pas intimider par les terroristes». Lors d’un déplacement au Pentagone, il a fait part de sa «tristesse», mais aussi de sa «colère», en rendant hommage aux secouristes.
L’OTAN est «prête» à réagir au côté de Washington s’il est confirmé que les attaques de mardi ont été organisées à l’étranger. L’Union européenne a promis d’aider à «punir» les responsables des attentats.
swissinfo avec les agences
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