Le Jura et Berne au secours de Tornos
Les deux cantons veulent mettre en place un «Job Center» pour aider les plus de 300 personnes licenciées par le fabricant de machines-outils de Moutier.
«C’est un nouveau coup dur pour le canton du Jura, dans la mesure où de nombreux salariés de Tornos y habitent, et que l’entreprise prévôtoise travaille avec de nombreux sous-traitants jurassiens», a déploré samedi le Département jurassien de l’économie et de la coopération.
L’objectif du Job Center sera «d’étudier toutes les possibilités pour permettre aux licenciés de retrouver au plus vite un emploi», précise le communiqué. Des démarches sont en cours avec la direction de Tornos et les partenaires sociaux pour discuter des mesures.
Le canton du Jura espère que ce nouveau plan de restructuration, qui s’ajoute à celui de l’automne passé et qui avait impliqué la suppression de 200 postes de travail, permettra à Tornos de repartir sur des bases solides. Il souhaite aussi que cela assurera le maintien des emplois et du savoir-faire dans la région.
D’autres démarches
La réaction de Delémont va au-delà de celle de son seul gouvernement. Le conseiller national Jean-Claude Rennwald (PS/JU) entend interpeller le Conseil fédéral au sujet des conséquences de l’assainissement en cours de Tornos. Selon lui, le cas de la société de Moutier est «l’arbre qui cache la forêt.»
Le secrétaire central de la FTMH fait ainsi référence aux nombreuses entreprises en difficulté dans tout l’Arc jurassien. D’après ses calculs, quelque 1500 emplois ont disparu ou sont menacés.
Jean-Claude Rennwald estime que le Conseil fédéral se doit d’apporter son soutien, notamment des alternatives aux licenciements. Il fonde son argumentation sur l’aide massive apportée par la Confédération pour venir en aide à Swissair et assurer l’existence d’une compagnie aérienne nationale en Suisse.
Pas de plan social
Vendredi, soit au lendemain de l’annonce de 310 suppressions d’emplois à Moutier, Tornos a indiqué avoir obtenu pour 52,4 millions de francs de capitaux frais. Ces fonds et un redimensionnement de la production devraient permettre au fabricant de machines-outils de retrouver les chiffres noirs dès 2003.
Devant la presse, le président du conseil d’administration Franz Kellerhals et celui de la direction, Pierre-Claude Jaquier ont fait preuve d’un optimisme qui contraste avec le climat lourd qui s’est abattu sur la région. Ils ont estimé que l’assainissement du bilan a donné à Tornos les meilleurs atouts pour un redémarrage.
Sur le plan humain, la restructuration est très lourde. Au total, Tornos va supprimer 367 emplois (sur environ 1285), dont 310 pour la seule maison-mère à Moutier. Le personnel sur le site prévôtois va passer de 908 à quelque 600 collaborateurs. Et la direction a annoncé qu’elle n’avait pas les moyens pour un plan social.
swissinfo avec les agences
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