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Le procès Mannesmann s’achève sur un accord financier

Joseph Ackermann peut désormais se consacrer entièrement à son job au sein de la Deutsche bank. Keystone

Le tribunal de Düsseldorf a entériné mercredi l'abandon des poursuites contre six prévenus. Le Suisse Josef Ackermann échappe ainsi à tout verdict, au prix de 3,2 millions d'euros.

«Une décision raisonnable», confie à swissinfo le professeur d’économie bancaire Hans-Peter Burghof, de l’Université de Hohenheim.

Le tribunal a ainsi mis un terme à la plus spectaculaire procédure pénale en matière économique en Allemagne. Et ce, près de sept ans après le rachat du conglomérat allemand Mannesmann par le britannique Vodafone.

Les six prévenus – dont le patron suisse de la Deutsche Bank Joseph Ackermann – étaient accusés d’abus de confiance aggravé et complicité pour le versement de presque 60 millions d’euros d’indemnités à l’issue de la transaction.

Les six hommes avaient déjà été jugés et relaxés en 2004. Mais un recours du Parquet avait entraîné le nouveau procès qui s’achève donc sur accord à l’amiable.

La décision du tribunal ne fait qu’entériner l’abandon des poursuites après l’aval déjà donné vendredi dernier par le Parquet. L’accord porte sur le versement par les accusés d’une somme totale de quelque 5,8 millions d’euros (9,2 millions de francs).

swissinfo: Quelle est la signification de ce «deal» qui a conduit à la fin du procès?

Hans-Peter Burghof: Ce règlement est plutôt réjouissant pour les accusés. Il les sort d’une situation désagréable. On peut à cet égard déjà le saluer. Pour l’Allemagne, il signifie aussi que la question de savoir si le versement de ce genre de primes est admissible n’est pas clarifiée.

swissinfo: Pourquoi, à vos yeux, cette décision est-elle raisonnable?

Hans-Peter Burghof: Je considère l’ensemble de ce procès Mannesmann comme hautement déraisonnable. Qu’il s’achève de la sorte est donc une bonne chose.

swissinfo: Cet accord est-il aussi un signal pour l’économie suisse?

Hans-Peter Burghof: Oui. Il rend plus risqué le travail des conseils de surveillance (conseil d’administration en Suisse). Ils sont maintenant confrontés au risque d’être également punissables pour des décisions erronées prises en situation de fortes turbulences.

swissinfo: Comment le grand public verra-t-il cette issue de l’affaire Mannesmann?

Hans-Peter Burghof: Les personnes en question ici gagnent beaucoup d’argent. Et cela horripile le grand public qu’ils s’en tirent ainsi. A ses yeux, on enferme les petits, on laisse courir les gros, en quelque sorte.

Le grand public aurait attendu un signal du type: les managers ne doivent plus s’enrichir.

Interview swissinfo: Christian Raaflaub
(Traduction de l’allemand: Pierre-françois Besson)

Agé de 58 ans, le Suisse Joseph Ackermann est depuis 2002 administrateur délégué et président de la Deutsche Bank, premier établissement bancaire d’Allemagne.

Auparavant, entre 1993 et 1996, il est à la tête de Credit Suisse.

Puis en 1996, il entre à la Deutsche Bank. Et de 1999 à 2000, il est membre du conseil de surveillance de Mannesmann.

En 2000, Mannesmann est cédée à Vodafone. Le Britannique débourse plus de 170 milliards de dollars – la plus grosse opération financière de l’histoire allemande.

Joseph Ackermann et les cinq autres membres de la direction de Mannesmann se sont retrouvés dans l’œil du cyclone pour avoir autorisé le versement de 57 millions d’euros de primes aux dirigeants de Mannesmann en charge de la vente. Au détriment des intérêts leurs actionnaires.

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