Les réfugiés s’invitent au Rütli
La journée nationale des réfugiés a eu lieu, samedi, dans le berceau de la Confédération, le Rütli. Pour faire comprendre qu'ils font partie de notre société.
C’est, en tout cas, le message qu’a fait passer l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Pour y parvenir, elle a lancé une campagne nommée «Ensemble!».
«Nous voulons ainsi montrer aux réfugiés qu’ils font partie de notre communauté», a déclaré Alberto Achermann, chef de l’OSAR qui a organisé cette journée d’action.
Non plus un mais deux pays
Plus de 1500 personnes se sont rassemblées samedi sur la prairie mythique du Grütli à l’enseigne de cette journée annuelle des réfugiés. Des délégations cantonales et communales ainsi que des Eglises se sont retrouvées en compagnie de communautés de réfugiés vivant en Suisse depuis des dizaines d’années.
A cette occasion, la conseillère fédérale Ruth Metzler a adressé un message de remerciement à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) pour son engagement. A ses yeux, accueillir une fête placée sous le slogan «Ensemble» dans le berceau de la Confédération est un beau symbole.
«Celui qui quitte son pays n’a plus de pays. Il en a deux: son ancien pays et son nouveau pays». Dans un discours lu par le directeur de l’Office fédéral des réfugiés Jean-Daniel Gerber, Ruth Metzler a choisi ce proverbe iroquois pour illustrer la difficile question identitaire que pose l’exil.
Conscients de leurs souffrances
«Ensemble!» peut montrer une Suisse ouverte et tolérante. «Il est important que nous soyons conscients des souffrances que ces hommes ont endurées», explique Alberto Achermann.
Il est également important «que nous sachions ce qui leur est arrivé dans leur pays d’origine et que nous comprenions à quel point ils souffrent.»
Lors d’une courte rencontre à Séville, en Espagne, 60 organisations non gouvernementales (ONG) issues de 30 pays se sont inquiétées des tendances racistes et xénophobes constatées en Europe au cours de ces derniers mois.
Pour Alberto Achermann, qui était présent à Séville, il est donc urgent de se mobiliser pour la protection des valeurs humaines. Il est notamment important que l’Europe reste ouverte aux réfugiés.
Ne plus sanctionner les compagnies aériennes
Le chef de l’OSAR réclame par conséquent que des visas leur soient attribués, que les ambassades puissent accorder l’asile et que l’on renonce à sanctionner les compagnies aériennes qui transportent des réfugiés sans papiers valables. En fait, seuls les passeurs devraient être poursuivis.
Alberto Achermann critique très sévèrement les accords de Schengen et de Dublin. «Avec le système issu de ces accords, explique-t-il, c’est à qui aura la loi sur l’asile la plus restrictive. Certains pays veulent adopter les standards les plus bas possibles, afin que les réfugiés partent vers d’autres Etats.»
Pour Alberto Achermann, il est cependant clair que la Suisse ne pourra pas rester à l’écart. Tôt ou tard, elle devra adhérer aux accords de Schengen et de Dublin.
Faute de quoi tous les demandeurs d’asile déboutés ailleurs arriveront en Suisse. Ce qui serait dangereux pour le système d’asile helvétique.
swissinfo/Gaby Ochsenbein
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