Melbourne: Martina Hingis a encore craqué!
L'incroyable s'est bel et bien produit en finale des Internationaux d'Australie. Jennifer Capriati a créé la surprise en cueillant son premier grand sacre et surtout en balayant, avec une déconcertante facilité, Martina Hingis en 63 minutes, 6-4 6-3.
«Qui aurait songé que j’y parviendrais après tout ce qui m’est arrivé? Vous savez, les rêves peuvent devenir réalité si vous persistez à croire en vous. Tout peut alors se produire».
Profondément émue, Jennifer Capriati, 24 ans, ex-enfant prodige des années 90, puis star déchue et tombée dans l’anonymat le plus profond, mesurait sur le Rod Laver Arena tout le chemin qu’elle a parcouru depuis son apparition sur le circuit à l’âge de 13 ans, rapidement suivie d’une traversée du désert personnelle et sportive.
Huit ans après sa médaille d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone, la native de New York, établie en Floride (tout comme Martina Hingis), est certainement l’un des plus surprenants vainqueurs que Melbourne ait connu depuis des décennies.
Cela en devient une habitude, Martina Hingis a craqué au pire moment, malgré un début de saison sans aucune anicroche, malgré son parcours exemplaire sur les courts australiens, malgré ses deux victoires sur les sœurs Williams.
Après 13 minutes de jeu, Jennifer Capriati menait déjà 4-0. De la première à la dernière balle de la finale, l’outsider américain a dicté le ton, du fond de court, avec des nerfs d’acier et un jeu de puissance très efficace, tellement plus intelligent et réfléchi que celui des sœurs Williams.
Dans la seconde manche, Jennifer Capriati maintenait la pression et réussissait le break dès le cinquième jeu, pour s’envoler vers un succès étourdissant. En face, la numéro un mondiale retombait dans ses travers, contestait plusieurs décisions arbitrables, jetait sa raquette de dépit parterre, cherchant en vain une solution qu’elle ne trouvera jamais.
Ses 32 fautes directes sont révélatrices. La voilà mûre pour la première défaite de sa carrière contre l’Américaine. «J’ai fait de mon mieux, mais le résultat n’a pas suivi,» lâchera-t-elle, à la recherche d’explication. Et si Jennifer Capriati (tête de série no 12) avait tout simplement été bien meilleure qu’elle?
Faire plier une quadruple championne de Melbourne (Monica Seles), la tenante du titre (Lindsay Davenport) et la numéro un mondiale (Martina Hingis) prouvent que le succès de la première championne olympique du tennis moderne ne doit rien, ou si peu, au hasard.
La malédiction de Martina Hingis en Grand Chelem se poursuit. Voilà désormais deux ans qu’elle n’a plus accroché de titre majeur à son tableau de chasse. A Melbourne, la St-Galloise a aussi subi sa 6e défaite en 11 finales lors de ces grands rendez-vous, la 4e consécutive (Roland-Garros et US Open 1999, Melbourne 2000 et 2001). Y aurait-il un problème psychologique?
Jonathan Hirsch
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