Nouvelles révélations dans l’affaire Mabetex
Selon le Corriere della Sera, les autorités judiciaires suisses auraient saisi, au début de l'année, lors d'une perquisition au siège de Mabetex, des documents très compromettants pour Boris Eltsine et sa famille.
Et l’on reparle de l’affaire Mabetex, du nom de cette société suisse soupçonnée d’avoir versé des pots-de-vin à l’entourage du président russe pour décrocher de juteux contrats. Selon le Corriere della Sera, les autorités judiciaires suisses – sollicitées par l’ancien procureur général de Russie – auraient saisi, au début de l’année, lors d’une perquisition au siège de Mabetex, des documents très compromettants pour Boris Eltsine et sa famille. Le ministère public suisse n’a pas voulu confirmer ni démentir les révélations du journal italien.
Plus d’un million de dollars : c’est le montant du pot-de-vin qu’aurait reçu il y a quelques années Boris Eltsine et les membres de sa famille. A l’origine de ce geste généreux : Begjhet Pacolli, patron de la société suisse Mabetex, une entreprise qui, heureux hasard, a décroché d’importants contrats de rénovation à Moscou, notamment celui de la réfection des intérieurs du Kremlin.
Selon les informations du quotidien milanais, l’entrepreneur suisse aurait viré l’argent sur un compte bancaire à Budapest. Le propriétaire de ce compte n’était autre que Pavel Borodine, bras droit de Eltsine, chargé de gérer l’immense empire appartenant à la présidence russe. Son nom avait d’ailleurs été déjà cité dans le cadre de l’enquête menée par le procureur suisse Carla del Ponte, une enquête portant sur les malversations commises par la société Mabetex.
Mais désormais, selon les indiscrétions du ministère public suisse, on va beaucoup plus loin. Boris Eltsine en personne aurait donc bénéficié de cet argent, utilisant ce joli cadeau d’entreprise pour faire notamment des achats lors d’une visite d’état en Hongrie, probablement il y a cinq ans lors de son dernier voyage officiel à Budapest.
Les filles du maître du kremlin sont également mises en cause : par le biais de cartes de crédit indirectement offertes par l’homme d’affaires suisse, Tatyana et Elena auraient fait plusieurs achats, dont le montant n’est pas précisé.
Des révélations qui, à quelques mois des élections législatives, pourraient avoir l’effet d’une bombe si elles se vérifiaient. Mais, ce mercredi, officiels et médias russes préféraient garder le silence.
Mathieu Jego
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