Pour 11 centièmes, Silvano Beltrametti rate le podium de la descente
Silvano Beltrametti s'est finalement classé 4ème de l'épreuve-reine de ces Championnats du monde de ski alpin de Sankt Anton, en Autriche. Une descente marquée par un doublé autrichien: Trinkl devant Herminator. Alors que l'Allemand Eckert a brûlé la politesse au Grison Beltrametti, au dernier moment.
L’Autriche a à nouveau frappé avec un doublé dans l’épreuve-phare de ces Mondiaux de ski alpin. Hannes Trinkl a couvert le tracé en 1 minute 38 secondes et 74 centièmes. Trinkl qui, surtout, a réussi à battre de 20 centièmes de seconde le grand favori de l’épreuve, Hermann Maier.
Mais un flash-back s’impose. Mercredi matin, 10h35: dans le portillon de départ, le Suisse Silvano Beltrametti s’élance en deuxième position. La visibilité est bonne. Le revêtement très dur. Le tracé particulièrement tournant et bosselé.
Puis l’attente est longue. Se prolonge indéfiniment. Le descendeur grison erre dans l’aire d’arrivée. Nerveux comme jamais.
Pourtant, Silvano Beltrametti a réussi un temps canon d’une minute 39 secondes et 37 centièmes. Il est alors troisième et médaillé de bronze de la descente de ces Mondiaux. Et pour tout au monde, il désire le rester.
A ce bronze, Silvano, et toute la Suisse avec lui, y a longtemps cru. En fait, jusqu’au moment où Florian Eckert s’est à son tour élancé, en 25ème position.
L’Allemand a tellement bien joué son va-tout qu’il a chamloulé le tiercé présumé gagnant, en devançant le Suisse Beltrametti de 11 petits centièmes de seconde. Peut-être que la piste était alors devenue beaucoup plus rapide…
Sans doute que pour Florian Eckert, ce mercredi 7 février restera gravé dans sa mémoire comme l’un des plus beaux jours de sa vie. Pensez, décrocher le bronze le jour de son anniversaire.
Toujours est-il qu’en ce mercredi, Silvano Beltrametti ne peut plus être considéré, même à 21 ans, comme un espoir, mais bel et bien comme une valeur sûre du ski helvétique. Car terminer 4ème lors d’une échéance de cette importance n’est pas à la portée du premier descendeur.
La preuve? Le Neuchâtelois Didier Cuche, qui se profilait comme le favori no 1 des Suisses pour cette descente des Mondiaux. Avec le dossard no 7, il était parti très vite sur le début du tracé. Puis, à mi-parcours, il a chuté. C’en était fait des chances helvétiques pour une médaille.
Car, Franco Cavegn (12ème, à 2»06) et Bruno Kernen (13ème, à 2»28) ont terminé loin derrière. Certes sans démériter. Mais bien au-delà de ce qui reste gravé sur les tabelles, quand on relit l’histoire.
Plus étonnant encore est la victoire de l’ancien renard autrichien Hannes Trinkl, qui a coiffé sur le poteau le terrifiant Herminator, et qui, surtout, a fait une grosse faute dans le premier quart de course. Sa perte d’équilibre fut telle qu’on ne donnait plus cher de ses chances de podium. Mais l’homme a réalisé une fin de course époustouflante, au cours de laquelle il a comblé son retard initial par une glisse parfaite dans le schuss d’arrivée.
Emmanuel Manzi
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