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Réfugiés: les avantages de l’aide au retour

C’est la première fois, depuis 1994, que l’ODR annonce une diminution du nombre des requérants d’asile. Keystone

Le nombre de requérants d'asile a nettement diminué en Suisse l'an dernier. Le programme d'aide au retour des réfugiés du Kosovo y est pour beaucoup. Au point que la Confédération a décidé d'offrir ce genre de programme à des réfugiés d'autres pays.

«1999 aura été l’année des arrivées, et l’an 2000 celui des départs», lance Jean-Daniel Gerber, directeur de l’Office fédéral des réfugier (ODR).

C’est la première fois, depuis 1994, que l’ODR annonce une diminution du nombre des requérants d’asile. En baisse de 62% par rapport à 1999, ce nombre a même atteint son plus bas niveau depuis cinq ans. C’est que la Suisse a enregistré quelque 49 000 départs en l’an 2000 – dont 32 000 à destination de l’ancienne Yougoslavie.

La plupart des 20 000 rapatriés du Kosovo ont profité du programme d’aide au retour mis en place par la Confédération. Programme qui avait déjà porté ses fruits lors du retour des réfugiés de Bosnie-Herzégovine.

En l’espace de trois ans, grâce à un soutien financier et à une aide matérielle pour la reconstruction, la Suisse avait obtenu le départ d’environ 10 000 réfugiés.

Depuis, le principe de l’aide au retour a été inscrit dans la loi sur l’asile. Et la Confédération a élaboré de nouveaux programmes afin de favoriser le retour volontaire des réfugiés vers l’Ethiopie, le Sri Lanka ou le Nord de l’Irak.

«Ce sont des programmes difficiles à mettre en oeuvre, souligne Dominique Boillat, porte-parole à l’ODR. D’une part, nous devons obtenir l’accord des autorités locales. Et, d’autre part, il faut développer des programmes ciblés et adaptés aux réalités des pays concernés.»

Autrement dit, la recette appliquée dans les Balkans n’est pas exportable telle quelle. «En Bosnie, comme au Kosovo, précise Dominique Boillat, il s’agissait de favoriser la reconstruction de pays détruits par les conflits. Alors que notre programme pour le Sri Lanka vise à la réinsertion économique des réfugiés.»

Valable jusqu’en décembre de l’an prochain, ce programme prévoit une aide financière à hauteur de 1000 francs pour chaque adulte et de 500 francs pour chaque enfant. Mais il permet surtout aux participants de récupérer l’argent qu’ils ont cotisé à l’AVS et aux caisses de retraite. Des sommes souvent suffisantes pour permettre aux réfugiés de lancer leur propre entreprise.

Auparavant, cet argent était simplement bloqué en Suisse. Après avoir parfois cotisé durant des années, les réfugiés tamouls perdaient donc tous les droits sur leur pécule vieillesse.

Dans le cadre de l’élargissement de son système d’aide au retour, la Confédération entend également financer des programmes de formation de courte durée – six mois maximum – qui pourront être effectués en Suisse ou dans les pays d’origine des personnes rapatriées.

L’Organisation suisse d’aide aux étrangers (OSAR) salue la démarche. Tout en soulignant que, dans ce contexte, la Confédération sait manier habilement la carotte et le bâton. «Pour bénéficier d’un programme d’aide au retour, il faut abandonner toute démarche en vue d’obtenir une prolongation de séjour en Suisse», explique Yann Golay, porte-parole de l’OSAR.

Autrement dit, le réfugier qui n’a pas obtenu l’asile en Suisse doit choisir entre le programme d’aide proposé par la Confédération et la possibilité de faire appel auprès de la Commission des recours en matière d’asile. «Soumis à une certaine pression, déplore Yann Golay, les réfugiés acceptent parfois le marché alors que leur sécurité n’est pas vraiment confirmée.»

Et c’est cette question de sécurité qui préoccupe l’OSAR. «Le programme d’aide pour le retour au Sri Lanka est parfait, ajoute Yanna Golay. Mais le problème, c’est que le retour des réfugiés ne peut pas être envisagé dans toutes les régions de ce pays encore en proie à la guerre civile.»

L’ODR se défend en rétorquant que ses programmes concernent les retours volontaires. «Il n’est donc pas question de renvoyer des réfugiés dans des zones où leur sécurité n’est pas assurée», s’insurge Dominique Boillat.


Vanda Janka

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