Rapport français sur le blanchiment: la Suisse prête à répliquer
La Suisse est dans l'attente. Un rapport parlementaire français, qui porte sur le blanchiment d'argent en Suisse, sera présenté ce mercredi à Paris. Et s'annonce d'ores et déjà très critique à l'égard de la Confédération, qui prépare sa riposte.
«La Suisse reste encore trop ouverte à l’utilisation de mécanismes trop systématiquement empruntés à la criminalité financière.» Président de la mission parlementaire française sur le blanchiment, Vincent Peillon a déjà brûlé ses premières cartouches contre la Suisse. Même si le rapport de sa mission ne doit être présenté officiellement que ce mercredi.
Le ton est donné. Une pluie de critiques risque bien de déferler sur la Suisse. Mais celle-ci ne semble pas non plus vouloir rester les bras croisés. Et cela même si le travail des parlementaires ne reflète pas forcément l’opinion du gouvernement français.
Côté helvétique, donc, les autorités ont annoncé qu’elles prendraient position, une fois le rapport connu. Mais, mardi déjà, Daniel Eckmann, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF), a annoncé la couleur, en déclarant: «Notre politique de lutte contre le blanchiment d’argent ne se laisse pas dicter par tel ou tel rapport, mais par sa volonté de lutter contre cette forme de criminalité».
Selon un article paru mardi dans le quotidien Le Temps, l’ambassade de Suisse à Paris aurait même tenté de se renseigner discrètement pour connaître à l’avance le contenu du fameux document. Et la défense du DFF s’appuierait sur deux arguments principaux.
D’une part, les efforts exemplaires de la Suisse dans la lutte contre les capitaux criminels sont reconnus par les instances internationales compétentes. D’autre part, le système de lutte contre le blanchiment a fait l’objet de modifications pour contrer les difficultés actuelles.
Les autorités helvétiques pourraient également mettre en doute l’objectivité de la mission française, composée en majorité de socialistes. Et ajouter que la France, elle, n’a rien fait pour saisir, par exemple, les avoirs Mobutu et Abacha… A suivre.
Caroline Zuercher
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