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Syndrome des Balkans: la Suisse annonce un train de mesures

L'utilisation d'uranium appauvri pose de grandes questions en matière de santé. swissinfo.ch

Berne se veut rassurante, alors que la polémique sur l´utilisation d´uranium appauvri dans les Balkans fait rage. Mais la Suisse a tout de même demandé des informations à l´OTAN. De plus, le décès suspect d´un béret jaune fera l'objet d´une enquête.

Le Département fédéral de la défense a annoncé vendredi d’autres mesures. Il termine actuellement une étude sur un examen médical approfondi des soldats de retour du Kosovo. Un suivi sur le long terme est prévu, afin de déceler d’éventuels développements de cancers.

Après la guerre, la Suisse a envoyé 153 soldats au Kosovo. Si douze militaires européens de retour des Balkans sont décédés d’un cancer, il n’y a pas eu de tel cas en Suisse.

Aux yeux de l’armée, le décès, il y a deux ans, d’un soldat revenu de Bosnie en 1996 paraît tout de même suspect. Selon le médecin en chef de l’armée, Peter Eichenberger, ce cas n’a vraisemblablement aucun rapport avec une contamination par l’uranium. Cependant, il devra être tiré au clair.

Malgré tout, Berne estime que ses soldats ne courent guère de risques. «D’abord, la Swisscoy se situe dans un secteur qui n’a pas été touché par les munitions en cause, rappelle Philippe Zahno, porte-parole de l’Etat-major général. Ensuite, ces soldats reçoivent une instruction adaptée».

Selon Philippe Zahno, la situation serait plus délicate pour les organisations humanitaires sur le terrain. Au total, quelque 400 ressortissants suisses ont travaillé dans de telles organisations ou à titre d’observateurs. Parmi eux également, aucune maladie suspecte n’a été détectée.

La population locale est évidemment la plus exposée. Les recherches effectuées en juin et en décembre 2000 au Kosovo par le laboratoire AC de Spiez ont en effet établi que seul un contact prolongé avec les munitions présentait un risque.

Ce contact serait possible, notamment si des enfants jouaient avec des restes de munitions. Pour éviter de telles situations, les organisations humanitaires informent actuellement la population.

Mais tout cela n’est qu’hypothèses, puisque aucune relation n’a pu être établie, jusqu’à présent, entre la mort de soldats et l’utilisation de l’uranium appauvri. Les recherches scientifiques se poursuivent: une mission de l’ONU a examiné 11 des 112 sites identifiés comme des cibles de ce type d’armes.

Un rapport, rédigé par quatorze experts dont deux Suisses, est attendu pour le mois de mars. La Suisse a investi 375000 francs dans ce travail, auquel participe notamment le laboratoire de Spiez.

«Sur trois sites visités, l’équipe n’a trouvé aucun signe de radioactivité ni même des débris d’armes à uranium appauvri», précise le responsable de cette étude.

Sur les huit autres sites, l’équipe a constaté une légère augmentation de rayons beta, soit dans les points d’impacts soit autour de ces points, en raison de la présence de débris d’armes.

Les forces alliés avaient tiré plus de 10 000 projectiles à uranium appauvri en Bosnie et plus de 30 000 au Kosovo. Ce type de munition est spécialement efficace pour percer les blindages. Selon l’OTAN, l’emploie d’uranium appauvri ne présenterait pas de danger pour la santé.

Caroline Zuercher

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