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Un président de la Confédération socialiste à l’Albisgüetli

Moritz Leuenberger et Christoph Blocher trinquent après avoir prononcé des discours totalement opposés. Keystone

La soirée annuelle de l'UDC zurichoise vendredi à l'Albisgüetli a vu s'exprimer le premier président de la Confédération socialiste depuis dix ans. Moritz Leuenberger a plaidé pour le dialogue et l'ouverture.

L’UDC zurichoise a l’habitude de convier le président de la Confédération à son grand rendez-vous. Les socialistes déclinaient l’invitation depuis que la section avait accusé la gauche d’être responsable de la hausse de la criminalité. Otto Stich, qui avait parlé à l’Albisgüetli en 1990, n’avait pas répété l’exercice en 1994.

De plus, la présence de Moritz Leuenberger survenait un an après la polémique déclenchée par le discours de Christoph Blocher, selon lequel les socialistes étaient plus proche de la pensée nationale-socialiste que les membres de l’UDC.

Très applaudi, le socialiste zurichois a plaidé pour le respect du dialogue et une Suisse ouverte. Chacun a le droit d’exposer et de défendre ses idées, a-t-il dit. Mais cela implique qu’il faut accorder ce droit aux autres. La Suisse réunit plusieurs cultures et ne se compose pas que de Zurich, de la Suisse alémanique et de l’UDC.

Moritz Leuenberger a poursuivi en disant que la Suisse ne pouvait pas s’isoler du reste du monde. Sur une planète en pleine révolution après la chute du mur de Berlin, elle a de nouvelles tâches au sein de la communauté internationale. Et les accomplir est dans son propre intérêt.

A ce titre, le président de la Confédération a plaidé pour une adhésion à l’ONU, pour un débat sur la position face à l’Union européenne (UE) et l’intégration des immigrants. L’assistance aux régions défavorisées ou marquées par des catastrophes ou des guerres, notamment par l’envoi de soldats armés, est aussi un moyen de réduire la pression des migrations.

En ouverture de la soirée, Christoph Blocher a défendu une vision opposée. Il a répété son opposition à une adhésion à l’Union européenne et à l’engagement de l’armée à l’étranger. Devant quelques 1300 personnes – dont des membres des sections romandes de l’UDC – il a loué le «Sonderfall» helvétique.

Selon le président de l’UDC zurichoise, il faut résister plutôt que s’adapter. Préserver ce «Sonderfall» garantira aux Suisses la liberté, la sécurité, la souveraineté, la neutralité et le confort. A ce titre, Christoph Blocher prône le rejet le 4 mars de l’initiative «Oui à l’Europe!» qui demande l’ouverture immédiate de négociations d’adhésion avec l’UE.

Le tribun zurichois a aussi appelé à rejeter le 10 juin la révision de la loi sur l’armée qui permettra l’engagement de soldats armés à l’étranger. Selon lui, cette révision de la loi sur l’armée enterre la neutralité et est un prélude à une adhésion à l’OTAN.

swissinfo avec les agences

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