La Chine, confrontée à de nombreuses critiques sur l'internement d'Ouïghours au Xinjiang, a envoyé à l'ONU à Genève le vice-gouverneur de la région pour tenter de désamorcer. Mardi, Aierken Tuniyazi a accusé de "diffamation" les Etats réprobateurs et vanté ces camps.

Selon les estimations, au moins un million de personnes, surtout membres de la minorité musulmane des Ouïghours, sont retenues dans ces sites. Après avoir démenti l'existence de ces camps, Pékin avait ensuite à plusieurs reprises justifié devant le Conseil des droits de l'homme ce dispositif par la lutte contre l'extrémisme violent. Et rejeté le terme de camps d'"internement", mentionnant plutôt une formation.

Le gouvernement chinois a choisi mardi une autre approche. Le discours du vice-gouverneur est le premier d'un responsable régional d'un Etat membre de l'ONU, et non d'une autorité centrale, devant l'instance à Genève. "Ceux qui sont le mieux placés pour parler du Xinjiang sont ceux qui habitent au Xinjiang", a affirmé Aierken Tuniyazi.

Il a revendiqué le succès de ces "mesures préventives contre le terrorisme" qui avait "intoxiqué" la région et pour la déradicalisation. Selon lui, les camps ne ciblent pas un groupe et contribuent à "sauver ceux qui sont influencés par l'extrémisme religieux" et sont responsables de "crimes mineurs". Des personnes souvent "peu éduquées", dit Aierken Tuniyazi.

Invitation pour Bachelet

"Ces trois dernières années, il n'y a pas eu d'attentat" et le nombre d'affaires pénales a diminué considérablement, s'est-il félicité. Toute la population, y compris les Ouïghours, est considérée avec "égalité" et tous les groupes ont bénéficié de la stabilité sociale, dit encore Aierken Tuniyazi.

Plus de 2 millions de personnes sont sorties récemment de la pauvreté et celle-ci devrait être éradiquée dans la région d'ici 2020, a-t-il aussi expliqué. Et d'affirmer que les récents attentats djihadistes au Sri Lanka qui ont fait 258 victimes montrent que la lutte préventive est "indispensable".

Aierken Tuniyazi a officiellement répété l'invitation à la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet à venir observer par elle-même la situation. Celle-ci souhaite des garanties sur un accès "sans restriction". Ces derniers mois, Pékin avait convié plusieurs ambassadeurs en poste à Genève, considérés comme amis, à venir dans la région.

Dans une déclaration, les Etats-Unis, qui ne siègent plus au Conseil, ont dénoncé le discours du responsable du Xinjiang. Ils ont condamné la "plateforme" donnée par l'instance onusienne à la répression large contre les Ouïghours et d'autres minorités dans cette région.

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