Yémen: au moins 58 soldats morts dans des attaques des Houthis
Les rebelles houthis du Yémen ont attaqué jeudi les forces gouvernementales yéménites, tuant au moins 58 soldats. Ils ont également visé des cibles en Arabie saoudite, s'attirant des menaces de représailles à ces opérations au bilan sans précédent en quatre ans.
(Keystone-ATS) Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir agi en représailles au récent renforcement, selon eux, des troupes yéménites appuyées par l’Arabie saoudite.
Une source militaire a fait état de 58 morts et de «dizaines de blessés». D’après un responsable militaire, il s’agit des attaques les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu de 2022, qui avait mis fin à plus de sept ans d’une guerre dévastatrice dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique.
Les attaques ont visé un camp militaire dans la province de Marib, dans le centre du pays, ainsi que d’autres dans la province d’Hadramout, près de la frontière avec l’Arabie saoudite, a-t-il précisé. Les Houthis les ont revendiquées dans un communiqué.
Les forces armées riposteront à cette «agression à l’heure et à l’endroit appropriés», a promis le ministère de la défense du gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale.
«Agressions terroristes»
En Arabie saoudite, la coalition menée par Ryad a accusé les Houthis d’avoir mené «des bombardements contre des cibles civiles» dans la région frontalière de Najran.
Ces attaques ont fait onze blessés, dont un enfant de quatre ans, ainsi que deux Egyptiens, un Yéménite et un Pakistanais, un bilan sans précédent dans le royaume depuis la fin de la trêve.
La coalition «continuera à prendre toutes les mesures de dissuasion nécessaires contre ces agressions terroristes afin d’assurer la protection des civils», a prévenu son porte-parole, le général Turki al-Malki, dans un communiqué relayé par l’agence officielle saoudienne.
La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire. Elle avait débuté en 2014 lorsque les Houthis avaient lancé depuis leur fief de Saada, une région du nord du pays près de la frontière saoudienne, une grande offensive et pris le contrôle de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa.
Fragilisé, le gouvernement yéménite avait reçu l’aide en 2015 d’une coalition militaire menée par Ryad.
Une trêve négociée par l’ONU tenait depuis 2022, mais les hostilités ont repris le mois dernier entre les Houthis pro-iraniens et l’Arabie saoudite, alliée de Washington, sur fond de guerre entre les Etats-Unis et l’Iran.