Affaire Urdangarin: la fille du roi convoquée devant le juge
(Keystone-ATS) La fille cadette du roi d’Espagne, l’infante Cristina, est soupçonnée par un juge d’instruction des Baléares d’avoir «coopéré» avec son époux, Iñaki Urdangarin. Elle l’aurait laissé utiliser son titre royal pour ses affaires privées. Elle est convoquée fin avril dans le cadre d’une enquête pour corruption visant son mari.
Au vu d’indices laissant entendre que l’infante a pu «consentir à ce que son lien de parenté avec le roi Juan Carlos soit utilisé par son mari» et l’ex-associé de ce dernier, le juge José Castro estime dans un arrêt publié mercredi «inévitable que Cristina, Federica de Bourbon et de Grèce soit entendue» fin avril.
Elle devra répondre à des questions sur «un délit de trafic d’influence», a dit une source judiciaire. Le nom de la princesse est apparu récemment dans des courriers transmis au juge et à la presse par l’ex-associé d’Iñaki Urdangarin, Diego Torres. Le Parquet a toutefois annoncé son intention de déposer un recours, faute «d’indices» suffisants.
La Maison royale «ne fait aucun commentaire sur les décisions de justice», a déclaré un porte-parole.
Une figurante utile
Le quotidien «El Mundo» avait affirmé que la défense de Diego Torres venait de remettre au tribunal de Palma de Majorque un paquet de 30 courriers. Certains, selon le journal, «détaillent comment le duc expliquait à son épouse les détails du fonctionnement et les affaires» de son entreprise puisqu’elle faisait partie de son comité de direction.
«Tout semble indiquer que tous étaient d’accord» pour que «l’unique fonction» de l’infante au sein de ce comité soit celle d’une «figuration utile», renchérit le juge Castro. Sa présence permettait de mettre en avant son titre royal dans les négociations entre l’entreprise et «les entreprises et institutions publiques».
Le magistrat estime que si cet usage était «consenti et connu, il pourrait être considéré comme une coopération présumée et nécessaire avec les délits supposément commis par» Iñaki Urdangarin et son ex-associé Diego Torres, également poursuivi.
Cette mise en cause de l’infante est le rebondissement le plus spectaculaire du scandale qui avait éclaté à la fin 2011, portant un coup à la popularité de la monarchie espagnole et du roi Juan Carlos.
Contrats publics
L’infante, âgée de 47 ans, n’avait jusqu’à ce jour jamais été mise en cause dans l’enquête pour corruption ouverte à la fin 2011 par le juge José Castro. Iñaki Urdangarin a comparu fin février devant le tribunal de Majorque pour répondre des accusations de fraude fiscale et de détournement d’argent qui pèsent contre lui.
Il est accusé d’avoir utilisé ses puissantes relations afin de remporter des contrats publics pour organiser des événements sur l’île de Majorque et ailleurs en Espagne.