Le gouvernement suisse rend Davos aux Davosiens
La Confédération s'engage à fournir plus de moyens au World Economic Forum. Satisfait, le WEF promet qu'il reviendra à Davos l'an prochain.
Pour le gouvernement, il était impensable que le Forum économique mondial (WEF) quitte à jamais la station grisonne qui accueille la manifestation depuis 1971 déjà. Il y voyait un très mauvais signe pour la Suisse.
Pire, à terme, un départ définitif aurait même risqué de se répercuter sur des manifestations similaires montées par d’autres organisations internationales, privées ou publiques.
Pour mémoire, la prochaine édition du WEF, qui débutera le 31 janvier, aura lieu à New York. Selon ses organisateurs, il s’agit d’un signe de solidarité avec les Etats-Unis, après les attentats du 11 septembre.
Par ailleurs, la sécurité devrait être beaucoup plus facile à assurer dans le cadre confiné de l’hôtel Waldorf Astoria de New York que dans la station touristique grisonne.
Un souci d’autant plus légitime que les opposants au WEF avaient posé de gros problèmes de sécurité à Davos, lors de l’édition 2000 du Forum.
De l’argent et du matériel
Le gouvernement suisse a donc promis que la Confédération participerait plus activement à la sécurité de la manifestation, si elle retournait à Davos l’an prochain.
Concrètement, jusqu’en 2005, Berne a décidé de prendre à sa charge 80% des dépenses supplémentaires qui seront nécessaires à la protection des personnalités présentes dans la station grisonne. Un soutien estimé à trois ou quatre millions de francs par an.
Cette somme représentera les trois huitièmes du coût total des dépenses en matière de sécurité. Trois autres huitièmes seront supportés par le canton des Grisons. Et les deux huitièmes restants seront à la charge de la commune de Davos et de la fondation WEF.
La prévention n’est pas oubliée
Cela dit, l’aide fédérale ne se limitera pas à de l’argent. Le Conseil fédéral a également décidé de fournir des moyens humains et matériels avec l’engagement de garde-frontière et d’hélicoptères.
Le gouvernement entend, en outre, prévenir les heurts. Il accepte donc une participation de 100 000 francs à la création de la fondation «In the Spirit of Davos».
Les deux autres parrains de cette fondation – la commune de Davos et le canton des Grisons – participeront, eux aussi, au capital de cette fondation à raison de 100 000 francs chacun.
«In the Spirit of Davos» doit faire office de plate-forme de dialogue entre le WEF et ses opposants. En d’autres termes, il doit éviter les violences en favorisant un dialogue critique et constructif.
Reste à voir si cette mesure sera suffisante. On peut en douter. En effet, le Rassemblement d’Olten – qui réunit entre autres l’association Attac et le syndicat Comedia – appelle au boycott de «In the Spirit of Davos».
Et, avant même le retour du WEF à Davos en 2003, il parle déjà d’organiser de nouvelles manifestations.
Retour au bercail
Malgré ces nouvelles menaces, les responsables du WEF jugent suffisantes les promesses de la Confédération. «Les mesures annoncées par le Conseil fédéral répondent à nos exigences», déclare André Schneider, membre associé de la direction du World Economic Forum.
Du coup, pour son édition 2003, le forum retrouvera son bercail davosien. En revanche, aucune décision n’a été prise concernant son emplacement à long terme.
«Attendons la fin Forum de New York, dit André Schneider. Nous nous pencherons après sur l’édition 2003. Pour prendre une décision définitive.»
Pour l’heure, toutes les éventualités demeurent ouvertes. Selon André Schneider, l’idée d’un WEF itinérant, tenu une année à Davos et une autre à l’étranger, reste d’actualité.
Olivier Pauchard
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