Une bonne affaire pour l’Afrique du Sud
Le gouvernement sud-africain rachète les 20 % détenus par Swissair Group dans la compagnie South African Airways. A un prix cassé.
Le divorce est bel et bien consommé entre Swissair et South African Airways (SAA). Et le grand bénéficiaire de cette séparation à l’amiable est sans conteste l’Afrique du Sud.
Il faut dire que l’un des conjoints – Swissair – a perdu de sa superbe. Ce qui a permis à Pretoria de négocier à la baisse le rachat de la part des actions détenues par le groupe helvétique.
Aucune autre candidature
La transaction s’est faite pour un montant de 56,7 millions de francs. Une somme inférieure de 72% à ce qu’avait déboursé Swissair pour cette acquisition en 1999.
Le groupe suisse, obligé de revendre ses participations à l’étranger, n’avait pas beaucoup d’options. Ni Lufthansa, ni aucune autre compagnie ne s’est portée candidate à la reprise de ses 20% dans la compagnie sud-africaine.
C’est que depuis le 11 septembre, les transporteurs aériens battent de l’aile. Et surtout, ils ne veulent prendre aucun risque. A cela s’ajoute la conjoncture locale. SAA a en effet annoncé en octobre une perte record de 108 millions de francs pour l’année 2000/01.
Fin novembre, le gouvernement sud-africain avait annoncé qu’il rachèterait lui-même la part de Swissair, afin d’améliorer la position de la SAA, en vue de négocier de futures alliances.
Les attentats du 11 septembre
Le ministre sud-africain des Transports, Jef Radebe, a reconnu avoir obtenu un «rabais significatif». Et le prix de rachat, convenu la semaine passée, a été influencé par «la situation très volatile dans le secteur aérien depuis les attentats de New York et Washington», a encore précisé jeudi Jeff Radebe.
Côté suisse, le son de cloche se veut positif. Les négociations se sont déroulées de manière constructive, précise Erwin Schärer, porte-parole de Swissair Group, actuellement au bénéfice d’un sursis concordataire.
Avec ce rachat, le gouvernement sud-africain détient, via la holding étatique Transnet, la totalité du capital de SAA.
Le groupe suisse avait acheté la participation de 20% en juin 1999 pour 204,5 millions de francs. A l’époque, il s’était assuré le droit de porter sa part à 30%.
Valérie Hisch, Johannesburg
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