Bâle, ville témoin donne l’exemple
Cinq ans après le lancement de l'opération «Werkstadt Basel», en français «Bâle, ville témoin», les résultats sont probants.
L’initiative lausannoise Quartier 21 profite donc de l’expérience bâloise. Et l’adapte à sa mentalité.
«La culture du dialogue s’est renforcée, constate Christine Ziegler de l’agence de communication ecos qui a chapeauté le projet bâlois. Dans le planning de la Municipalité, c’est devenu normal de prendre en compte les quartiers».
Dans la cité rhénane, plus de 1000 participants se sont répartis dans 36 ateliers d’innovation. «C’était vraiment Monsieur et Madame tout le monde. Des jeunes, des vieux, de toutes les couleurs».
Bâle compte toutefois une population deux fois plus importante que celle de Lausanne. Et, à la différence de la ville lémanique, c’est une ville-canton.
Ce qui permet aux autorités bâloises d’avoir une influence directe sur des tâches traditionnellement assumées par le canton. Comme par exemple le système scolaire, un domaine dans lequel les critiques fusent souvent.
Des mentalités différentes
Mais les différences ne s’arrêtent pas là. Si les deux grandes villes comportent toutes les deux des populations aux nationalités et aux niveaux socioculturels très hétéroclites, les mentalités restent assez différentes.
A Bâle, la culture des cliques et tout ce qui est lié au Carnaval influence de façon significative les mentalités. Elle favorise une plus grande cohésion de la population. La vie associative y est aussi plus importante.
«Chez nous, la Fête à Lausanne par exemple n’a pas du tout les mêmes éléments structurants, reconnaît Daniel Brélaz. La population a probablement moins d’identité locale qu’à Bâle».
Le maire de Lausanne est toutefois persuadé que le modèle bâlois, avec quelques petites adaptations, est tout à fait applicable à Lausanne.
Des réalisations concrètes
Les projets réalisés rapidement à Bâle se répartissaient dans trois catégories. Tout d’abord le logement. L’impulsion a été donnée pour construire ou rénover 5000 logements à loyer moyen. Cela a déjà démarré.
Le deuxième axe concerne l’environnement urbain, les parkings ou la verdure, qui ont été développés rapidement. Et enfin, un travail sur les rapports entre les habitants et l’administration a été fait.
«On a maintenant un projet-pilote de secrétariat de quartier, qui fait office de relais. Il concerne un secteur de Bâle, le «klein Basel», selon Christine Ziegler. Mais en tout, il y a une dizaine de projets en cours».
La Bâloise souligne encore l’importance d’inclure un maximum de personnes dans le projet. Ainsi que du suivi des propositions de la part des autorités qui doivent informer régulièrement de l’état des démarches.
Au sujet de la communication, Lausanne est allée beaucoup plus loin que Bâle. Un tiers du budget de Quartier 21, soit environ 300 000 francs sont dévolus à la communication. «En espérant que ça amène plus de monde», conclut Daniel Brélaz.
swissinfo, Anne Rubin
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