Et si on remettait ça…
Selon un sondage commandé par Expo.02, 79% des Suisses veulent une 7e exposition nationale. Un résultat à nuancer.
Cela dit, si une expo devait avoir lieu dans 25 ou 30 ans, le mandat devrait être clair dès le départ. Là, tout le monde est d’accord.
«Les Suisses plébiscitent une prochaine exposition nationale», s’est réjoui la direction générale d’Expo.02, en présentant son bilan final mercredi.
Selon un sondage réalisé par TransferPlus, 79% des 2002 personnes interrogées souhaitent une nouvelle exposition nationale dans 25 ou 30 ans.
Oui, mais…
Un résultat à nuancer. En réalité, 32% disent franchement oui. Et 47% répondent «oui, mais…» Oui, mais si le financement était assuré dès le départ. Oui, mais sur un seul site. Oui, mais sous d’autres prémices. Etc.
Ensuite, 25 ou 30 ans, ce n’est pas demain! «On a tendance à ne pas fermer l’avenir, surtout lorsqu’il est lointain. On s’engage plus facilement», commente Marie-Hélène Miauton, spécialiste des sondages.
«Il faut aussi confronter les sondages à la réalité», poursuit la responsable de l’Institut MIS Trend. Et la réalité d’Expo.02, c’est précisément cet autre chiffre: 50% des Suisses ont visité l’exposition nationale. Celle, bien réelle, qui vient de se terminer.
Un paradoxe
Confronté à ce chiffre, le 79% semble donc excessivement optimiste. Il faudrait en déduire que non seulement tous ceux qui sont allés à l’Expo en souhaitent une nouvelle, mais, en plus, qu’une partie de ceux qui ne l’ont pas visitée en demandent une aussi… Paradoxal, non?
«Oui, c’est le paradoxe suisse, répond Tony Burgener, chef de l’information à Expo.02. Nous avons également été surpris par ce résultat. Nous avions fait des paris à l’interne et nous pensions arriver à 35 ou 45%, jamais à 79%!»
Cet enthousiasme, la directrice générale Nelly Wenger, l’explique par ce qu’elle appelle «l’appétit d’identité». Selon elle, Expo.02 a créé ce besoin et a ouvert «le chantier d’un nouveau patriotisme».
«Même les personnes qui ne sont pas venues à l’Expo ont sans doute apprécié le débat qui est né autour de leur identité nationale», ajoute Tony Burgener pour justifier ce paradoxe.
Un mandat clair
Quoiqu’il en soit, si une nouvelle exposition nationale devait avoir lieu, il faudrait que le mandat soit clair. Sur ce point, tout le monde est d’accord.
«Les ambiguïtés, les incertitudes sur le financement, étaient difficiles à supporter, confie Nelly Wenger. C’était humiliant de devoir demander de l’argent continuellement. Pour une future exposition nationale, il faudrait clarifier les choses dès le départ.»
Rendez-vous dans trente ans…
Donc une expo dans 25 ou 30 ans? Oui, peut-être. De là à parler de plébiscite en faveur d’une future expo nationale…
Pour l’instant, ce qui est certain c’est qu’Expo.02 a été un succès populaire. Un succès signé de plus de 10 millions d’entrées. Et ça, c’est bien réel. Là, on peut parler de plébiscite.
swissinfo/Alexandra Richard
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