L’Asie centrale peut compter sur la Suisse
Depuis le conflit en Afghanistan, cette région est au centre de l'actualité. La Suisse ne l'oublie pas.
Il y a dix ans, les républiques d’Asie Centrale accédaient à l’indépendance. Une période de transition difficile a suivi. Le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Turkménistan ont connu un grave recul économique. Et, aujourd’hui, le conflit en Afghanistan aggrave encore la situation.
Les Etats, voisins de l’Afghanistan, ont dû renforcer la surveillance aux frontières. Les déplacements sont ainsi limités et les activités économiques entravées. Les tensions s’accentuent et menacent l’équilibre déjà instable de la région.
Un partenaire solide, à long terme
«Au moment où l’Asie centrale subit les répercussions de la crise en Afghanistan, elle doit pouvoir compter sur un partenaire solide qui vise des objectifs à long terme. Pour cette raison, nous avons décidé de poursuivre tous nos projets de coopération en Asie centrale», a déclaré le ministre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss.
La Suisse soutient l’Asie centrale depuis longtemps. Avant que la région ne soit à la une des médias. La Direction du développement et de la coopération (DDC) ne va d’ailleurs pas particulièrement revoir son programme en fonction du conflit actuel. Elle continuera ce qu’elle a commencé.
«Nous visons plutôt le développement à long terme, précise Therese Adam, responsable de la Coopération avec les pays de l’Est et de l’Asie centrale à la DDC. Les programmes en cours permettent de répondre à la situation actuelle. Mais nous allons certainement augmenter notre aide.»
Berne consacre 28 millions de francs par année pour la coopération au développement de cette région, soit 180 millions depuis 1993. Les programmes de la DDC concernent l’économie – le chômage a augmenté, les coûts également, alors que les salaires stagnent – ou encore les ressources naturelles, entre autres.
Une route de la soie
Invité au Forum qui était organisé mardi à Berne, Tchinguiz Aïtmatov, écrivain et ambassadeur du Kirghizstan auprès de l’Union européenne, a plaidé pour le développement des infrastructures routières entre l’Orient et l’Occident, à l’image de la route de la soie qui a symbolisé une période commerciale florissante entre les deux régions.
La construction de nouvelles routes pourrait améliorer les conditions socio-économiques de toute la région, a expliqué l’ambassadeur. Selon lui, 18 millions de personnes trouveraient ainsi du travail. Le secrétaire d’Etat à l’économie, David Syz, a aussi souhaité que les aides financières suisses à la région puissent servir au développement de la nouvelle route de la soie.
Alexandra Richard
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