La Suisse fait entrer le tourisme à l’université
La Suisse veut faire de la formation professionnelle dans le secteur touristique une branche universitaire. Elle entend ainsi affronter les défis de la globalisation.
Pionnier dans le domaine, le Tessin lance un «Master en tourisme international».
Présenté lundi à Lugano, ce master a été créé par la faculté des sciences économiques et la faculté des sciences de la communication de l’Université de la Suisse italienne, en collaboration avec la faculté des sciences politiques de l’Université de Pavie. L’enseignement commencera au semestre d’hiver 2003.
Pas de concurrence entre uni et écoles
«Le tourisme est une industrie mondiale, explique Claudio Visentin, responsable du nouveau master. Il génère un chiffre d’affaires égal, voire même supérieur, au secteur de l’armement et du pétrole.»
«Dans le domaine de la formation, la Suisse est indiscutablement leader mondial, poursuit-il. Mais, cette offre de formation est de caractère professionnel et non universitaire.»
Cependant, de nos jours, une formation uniquement professionnelle n’est plus suffisante. En effet, la gestion du secteur touristique demande des connaissances en relations internationales, en politique, en économie ou encore en stratégie.
«Avec ce programme, nous souhaitons développer la vision stratégique nécessaire pour gérer un secteur complexe dans un monde en rapide évolution», remarque pour sa part Peter Keller, responsable de la division tourisme auprès du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et professeur à l’Université de Lausanne.
«Mais notre master n’entre en aucun cas en concurrence avec les deux principales écoles suisses (Lausanne et Saint Gall) en matière de formation touristique, relève Claudio Visentin. Celles-ci sont intégrées à notre projet. Nous nous greffons sur un enseignement de qualité déjà existant.»
Des connaissances exportables à l’étranger
L’Université de la Suisse italienne entend par ailleurs aider les étudiants de pays qui ont un gros potentiel en matière de tourisme, comme par exemple les Philippines ou le Brésil.
Mais – ce n’est un secret pour personne – les coûts de la formation en Suisse sont relativement élevés. L’accès des ressortissants de pays pauvres à ce nouveau master en tourisme international pourrait donc se révéler problématique.
«Nous ne voulons pas créer des succursales à l’étranger, mais nos connaissances sont exportables, répond Claudio Visentin. Nous payerons par exemple les études des quelques personnes à condition qu’elles retournent ensuite dans leur pays d’origine pour y appliquer ce qu’elles auront appris chez nous.»
swissinfo, Maddalena Guareschi, Lugano
(traduction: Olivier Pauchard)
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