La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Le CERN explore l’origine de l’univers

Le CERN mène l’enquête sur l’antimatière. Un voile sera peut-être levé sur l’origine du monde. CERN Genf

Le laboratoire européen pour la physique des particules (CERN) lance une recherche sur l'antimatière. Une contribution au développement des technologies de pointe essentielle pour la science, mais sans retombée industrielle immédiate.

L’institut de physique de l’université de Zurich est l’un des acteurs importants de cette recherche fondamentale dont l’objectif est de déterminer s’il y a une différence entre la matière et l’antimatière. «C’est un peu comme si l’on cherchait à comparer le poids de deux jumbo jets en ajoutant une fourmi sur l’un des deux avions», explique le physicien Rolf Landua.

Pour se faire, le CERN va mener trois expériences. Deux d’entre elles visent à produire des atomes d’antihydrogène, la troisième utilise des antiprotons pour produire des atomes qui vivent beaucoup plus longtemps que ceux rencontrés dans la nature. Ces atomes exotiques vivent en effet un millionième de seconde.

«Ces recherches permettront peut-être de combler les lacunes théoriques de la physique des particules en incorporant les lois de la gravitation», précise Rolf Landua. Un voile sera peut-être levé sur l’origine du monde.

Comme l’explique le physicien, la création de l’univers a transformé l’énergie en quantité égale de matière et d’antimatière. Or quant on observe notre univers aujourd’hui, il n’y a plus d’antimatière. L’antimatière produite à l’origine a donc été détruite. Mais elle n’a pu l’être que par une quantité égale de matière. En cherchant à mesurer l’infime différence entre matière et antimatière, nous pourrons donc peut-être expliquer pourquoi notre monde est fait de matière plutôt que de lumière.

Reste que les recherches du CERN sur l’antimatière ne risque pas de déboucher sur une nouvelle génération de start-up. «Mais les appareils et les techniques de détection des particules que nous mettons au point au CERN sont très utilisés, dans le milieu médical surtout», corrige Rolf Landua.

Le chercheur précise également que les étudiants qui mènent une recherche au CERN utilisent des technologies de pointe en matière de télécommunication ou d’informatique parmi les plus développées : «Il y a beaucoup d’étudiants qui nous quittent pour aller travailler dans des entreprises ou créer la leur en utilisant les technologies qu’ils ont découvertes chez nous». De fait, c’est au CERN que le web a été inventé.

Rolf Landua rappelle enfin que les théories de la physique des particules nées il y a cinquante vont nourrir des développements industriels futurs très prometteurs comme les nanotechnologies ou les ordinateurs quantiques.

Frédéric Burnand

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision