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Congrès des Suisses en Italie: «Le plaisir de se rencontrer en personne reste irremplaçable»

des personnes assises dans une salle écoutent un orateur depuis une estrade
Environ 160 personnes ont participé au congrès 2026 du Collège suisse en Italie, qui s'est tenu dans un hôtel de Bologne. Swissinfo

La communauté suisse en Italie s’est réunie il y a une semaine à Bologne pour son traditionnel congrès annuel. Pourquoi continuer à se rencontrer physiquement une fois par an alors qu’il serait possible de discuter confortablement en ligne, comme vient de le faire la diaspora helvétique en Allemagne?

Bologne a accueilli le week-end dernier le 87ᵉ Congrès duCollegamento svizzero in ItaliaLien externe, l’association faîtière qui regroupe les nombreux clubs, cercles et associations suisses de la Péninsule. Environ 160 personnes y ont participé, en provenance de toute l’Italie.

Contrairement aux Suisses résidant en Allemagne, qui ont tenu jeudi leur congrès en ligne, le Collegamento svizzero ne souhaite pas renoncer à la rencontre en présentiel. En marge du congrès de Bologne, son président, Alberto Fossati, nous a parlé des opportunités et des défis liés à ces retrouvailles annuelles.

Swissinfo: Depuis 2025, l’Organisation des Suisses de l’étranger organise son congrès tous les quatre ans, tandis que la diaspora en Allemagne a tenu sa rencontre annuelle en ligne pour la première fois. Pourquoi les Suisses d’Italie continuent-ils à se réunir physiquement chaque année?

Alberto Fossati: Je crois encore beaucoup à la valeur du contact direct et des relations en face à face. Lorsque 150 à 200 personnes participent à ces rencontres, cela crée un véritable moment de partage. Beaucoup en profitent aussi pour passer quelques jours de vacances et découvrir une ville éloignée de leur lieu de résidence. Ce sont des raisons plus que suffisantes pour maintenir ce format annuel en présentiel.

Alberto Fossati
Alberto Fossati est président de la Société suisse de bienfaisance de Milan et, depuis 2025, du «Collegamento svizzero» en Italie. Gazzetta Svizzera

Quelle est la valeur ajoutée de ces rencontres?

C’est une opportunité de renouer des liens et de découvrir une nouvelle ville. L’an dernier, lors du congrès de Lecce, les responsables des cinq sociétés suisses de bienfaisance en Italie en ont profité pour échanger sur leurs activités respectives. La présence de personnalités locales, qui offrent un éclairage sur des aspects souvent méconnus de la ville hôte ou de la région, constitue également une véritable valeur ajoutée. Personnellement, cette année, j’ai découvert le fascinant réseau de canaux qui traversent et irriguent Bologne depuis le XIIIᵉ siècle.

Quels sont les défis liés à l’organisation d’un congrès en présentiel chaque année?

Ce n’est pas simple du tout. Tout d’abord parce que le congrès repose sur l’engagement bénévole de personnes qui ont souvent d’autres activités professionnelles. Les présidents et présidentes des cercles suisses des villes hôtes s’appuient sur leur réseau pour trouver un lieu adapté, généralement un grand hôtel. Vient ensuite la question des coûts, y compris pour les participants. La cotisation d’inscription — 40 euros cette année — couvre une partie des frais d’organisation, notamment la location de la salle.

L’autre aspect auquel nous devons prêter attention est le choix du thème du congrès. Les gens se déplacent volontiers pour visiter une ville et retrouver des connaissances, mais le thème proposé suscite-t-il réellement de l’intérêt? Cette année, nous avons mis l’accent sur l’environnement et la gestion des ressources en eau. Il nous appartient, en tant qu’organisateurs, d’être force de proposition en introduisant à chaque fois de petits éléments de nouveauté qui donnent envie de participer, par exemple en utilisant des supports audiovisuels qui éveillent la curiosité et rendent les rencontres plus attrayantes.

La rencontre de l’association faîtière des institutions privées suisses en Italie (cercles, sociétés de bienfaisance, écoles et Églises) se tient chaque année en présentiel dans une ville de la Péninsule. L’organisation est confiée à l’un des quelque 30 cercles suisses, selon une rotation entre le Nord, le Centre et le Sud.

Le congrès a généralement lieu durant un week-end de mai. Le samedi est consacré aux assemblées générales du Collegamento svizzero (fondé en 1938) et de la Gazzetta Svizzera, le mensuel d’information de la communauté helvétique en Italie.

Suivent un après-midi de débats et de présentations autour d’un thème prédéfini, avec des représentants d’institutions suisses et des personnalités locales, une soirée officielle ainsi que la soirée de l’Unione Giovani Svizzeri. Le dimanche, une visite touristique de la ville hôte est prévue.

Ces rencontres en présentiel ne sont-elles pas dépassées face aux alternatives en ligne?

Internet est évidemment un outil très précieux. En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, près de 1000 personnes ont participé au congrès en ligne de l’Union des Jeunes Suisses (Unione Giovani Svizzeri). Toutefois, dans certains de nos cercles, les compétences numériques diffèrent de celles des jeunes générations. L’âge moyen des membres est relativement élevé et l’usage de ces outils n’est pas toujours évident.

Je crois beaucoup au développement des technologies, aussi pour favoriser la collaboration au quotidien, dans la vie professionnelle et les relations personnelles. Mais le plaisir de la rencontre directe, comme celui d’une famille réunie pour une occasion spéciale, reste irremplaçable.

Que perdrait le Collegamento svizzero en renonçant à son congrès annuel en présentiel?

Probablement une occasion importante d’échange et de dialogue entre les différents cercles suisses présents dans le pays. Le dialogue direct contribue également à renforcer la motivation des présidents et présidentes de cercles, surtout dans une période où le renouvellement générationnel entraîne une baisse des adhésions.

Se rencontrer chaque année peut aussi favoriser des collaborations et des regroupements entre communautés, comme cela a été le cas pour le cercle de Bologne, Modène et la région d’Émilie-Romagne.

Traduit de l’italien par Samuel Jaberg

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